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Illustration - Deux ans après l'amendement 5 : progrès en matière d'infrastructure malgré des critiques persistantes

Économie - 22 mars 2026

Deux ans après l'amendement 5 : progrès en matière d'infrastructure malgré des critiques persistantes

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 18 mars 2026 - Deux ans après la renégociation de l'accord Sicomines entre la République démocratique du Congo et un consortium d'entreprises chinoises, des progrès en matière d'infrastructures sont visibles, mais les critiques de la société civile et des experts demeurent. Le gouvernement congolais a récemment annoncé un audit technique et financier du projet, relançant le débat sur la question de savoir si la nation bénéficie réellement de ses richesses minières.

Une renégociation présentée comme un tournant

Signé en mars 2024, l'avenant 5 à l'accord Sicomines initial de 2008 visait à corriger des déséquilibres de longue date. L'accord prévoyait une augmentation des investissements dans les infrastructures, une plus grande implication de la Gécamines dans la commercialisation de la production minière et un cadre institutionnel plus structuré pour les projets énergétiques tels que le barrage de Busanga.

Gains visibles en matière d’infrastructure

Certaines améliorations sont évidentes sur le terrain. Le long de la route nationale 1, entre Nguba et Lubudi, des routes autrefois boueuses ont été pavées, facilitant ainsi les déplacements et le commerce. Quatre ponts sont en construction sur ce tronçon de 142 kilomètres, qui fait partie d'un réseau routier de 850 kilomètres prévu pour relier Nguba à Mbuji-Mayi d'ici 2027. Les conducteurs et les commerçants locaux notent des effets positifs sur les transports et le commerce.

Préoccupations et divergences persistantes

Malgré ces gains visibles, de nombreux projets restent inachevés et le coût de certains travaux semble gonflé. Les rapports mettent en évidence des écarts tels que le boulevard du 30 juin à Kinshasa, facturé 142 millions de dollars malgré des estimations de 28 millions de dollars, et le boulevard Triomphal, facturé 61 millions de dollars contre 5 millions de dollars réels.

Mécanismes financiers sous surveillance

Les analystes remettent également en question la structure financière de l’amendement 5. La formule de contribution annuelle fixe limite les bénéfices de la RDC en cas de hausse des prix du cuivre tout en exposant l’État à des pertes en cas de baisse des prix. Les critiques soutiennent que ce mécanisme diminue les gains potentiels issus des richesses minières du pays.

Électricité et exonérations fiscales

Le barrage de Busanga, élément clé du partenariat, alimente principalement les installations minières, avec un minimum d'électricité destinée aux ménages. On estime que les exonérations fiscales accordées à Sicomines ont coûté à l'État des centaines de millions de dollars par an, les projections suggérant que les pertes pourraient atteindre 7 milliards de dollars sur la durée de vie restante du projet.

L'audit pourrait clarifier la responsabilité

L’audit annoncé par le gouvernement vise à clarifier l’allocation des ressources, les coûts des projets et les mécanismes financiers. Les experts espèrent que le processus permettra d'identifier les irrégularités et de garantir que le partenariat apportera des avantages tangibles aux citoyens congolais.

Le débat public se poursuit

Deux ans après l'amendement 5, la question demeure : à qui profite réellement le partenariat Sicomines ? Même si certaines améliorations des infrastructures sont apparentes, la société civile, les analystes et les parties prenantes locales continuent d’appeler à une renégociation et à une plus grande responsabilité pour garantir que la RDC maximise la valeur de ses ressources minérales.

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