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Illustration - Un rapport de RSF met en garde contre un exode massif des journalistes de l’est de la RDC dans un contexte d’insécurité croissante

Sécurité - 4 avril 2026

Un rapport de RSF met en garde contre un exode massif des journalistes de l’est de la RDC dans un contexte d’insécurité croissante

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 4 avril 2026 - KINSHASA / EST DE LA RDC, 27 mars 2026 - Un nombre croissant de journalistes fuient l'est de la République démocratique du Congo en raison de l'escalade des menaces, des violences et de la détérioration des conditions de travail liées au conflit armé en cours, selon un rapport de Reporters sans frontières (RSF) consulté sous embargo.

Le rapport, s'appuyant sur les témoignages de l'Union nationale de la presse congolaise (UNPC), indique que des dizaines de professionnels des médias ont été déplacés des provinces touchées par le conflit, notamment du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Alors que certains se sont réinstallés à l’intérieur du pays, d’autres ont cherché refuge dans les États voisins, notamment le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda.

RSF décrit une série de déplacements dangereux, les journalistes traversant des zones contrôlées par des groupes armés ou des forces de sécurité. Plusieurs déclarent avoir fait l'objet de menaces, d'arrestations, d'interrogatoires ou de détentions temporaires liées à leurs activités professionnelles.

Les conditions dans les pays d’accueil restent précaires. Certains journalistes congolais en exil seraient détenus dans des centres de transit ou confrontés à une incertitude administrative avant d'être libérés, tandis que d'autres se heurtent à des ressources limitées et à l'absence de statut juridique.

Le rapport note que la réinstallation à Kinshasa n'est pas toujours une alternative viable, citant le coût de la vie élevé, les opportunités professionnelles limitées et les conditions de revenus instables qui rendent difficile la poursuite du journalisme pour les journalistes déplacés.

De nombreux témoignages mettent également en lumière des pressions soutenues exercées sur les professionnels des médias, notamment des accusations de collaboration avec des groupes armés et des menaces suite à la publication ou à la diffusion de reportages sensibles. Dans certains cas, des journalistes affirment avoir été contraints de relayer des informations dictées par les acteurs du conflit.

Plusieurs journalistes interrogés dans le rapport affirment avoir été contraints d'abandonner complètement leur profession en raison de l'insécurité. Un témoignage cité par RSF décrit un journaliste qui a quitté Rutshuru après des menaces répétées et a finalement abandonné son travail de reportage.

Le rapport soulève également des inquiétudes quant aux risques transfrontaliers, notant que les journalistes exilés peuvent continuer d'être surveillés, détenus ou harcelés par la justice dans les pays d'accueil. Il fait référence à des cas dans la région comme exemples de tendances plus larges affectant la liberté de la presse dans des contextes de conflit.

RSF conclut que le déplacement actuel des journalistes compromet gravement l’accès à des informations indépendantes dans l’est du Congo et appelle à une protection renforcée des professionnels des médias, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà des frontières.

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