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Illustration - Un rapport allègue des journalistes détenus dans des conditions inhumaines par le M23 à Goma

Sécurité - 4 avril 2026

Un rapport allègue des journalistes détenus dans des conditions inhumaines par le M23 à Goma

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Goma, le 24 mars 2026 - Le groupe armé M23 a été accusé d'avoir détenu des civils, dont au moins deux journalistes, dans des conteneurs maritimes dans des conditions difficiles et inhumaines dans l'est de la République démocratique du Congo, selon une nouvelle enquête menée par Reporters sans frontières.

Le rapport, basé sur des témoignages et des preuves visuelles, indique que plusieurs de ces conteneurs se trouvent dans l'enceinte de l'Assemblée provinciale de Goma, dans le quartier Himbi, ainsi qu'à proximité des locaux de la radiotélévision nationale de la ville. Ces sites auraient été utilisés comme centres de détention informels depuis que le M23 a pris le contrôle de Goma début 2025.

D'anciens détenus décrivent des conditions extrêmement dures, avec des dizaines de personnes enfermées dans des conteneurs métalliques manquant de lumière et d'aération. Selon des témoignages, les détenus n'étaient autorisés à sortir qu'une fois par jour et recevaient un minimum de nourriture. Certains survivants ont également signalé des actes de violence, notamment des coups, et des décès survenus à l'intérieur des conteneurs.

Les éléments visuels analysés dans le cadre de l'enquête montreraient des individus détenus sous surveillance armée à proximité des conteneurs. Les comparaisons d'images satellite suggèrent que les structures sont apparues après que le M23 ait établi son contrôle sur la ville.

Les résultats concordent avec les préoccupations soulevées précédemment par des groupes de défense des droits humains concernant l'utilisation de sites de détention non officiels dans les zones de conflit, où des abus tels que la torture et des exécutions sommaires seraient commis.

La direction de l'AFC/M23 a fermement nié ces accusations. Le porte-parole Lawrence Kanyuka a rejeté le rapport, le qualifiant d'infondé, affirmant qu'il faisait partie d'une campagne visant à discréditer le mouvement et insistant sur le fait que les journalistes sont libres d'opérer dans les zones sous leur contrôle.

Pendant ce temps, l’environnement médiatique dans l’est de la RDC continue de se détériorer. Des dizaines de journalistes auraient fui la région au cours de l'année écoulée en raison des menaces et de l'insécurité, tandis que d'autres ont été victimes de violences, d'intimidations ou de restrictions dans leur travail.

La situation souligne les inquiétudes croissantes concernant la liberté de la presse et la protection des civils dans les zones touchées par les conflits de la région des Grands Lacs, alors que l'insécurité et les discours contradictoires continuent de façonner le paysage de l'information.

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