
Sécurité - 8 mars 2026
Paul Kagame dénonce les pressions sélectives et appelle à une responsabilité égale de toutes les parties
KIGALI, le 6 mars 2026 - Le président rwandais Paul Kagame a rejeté ce qu'il décrit comme une pression internationale sélective sur le Rwanda en raison de son soutien présumé à la rébellion AFC/M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), appelant plutôt à un examen égal de toutes les parties au conflit.
S'exprimant lors d'un dîner avec des ambassadeurs, des diplomates et des représentants d'organisations internationales accrédités à Kigali, Kagame a souligné que la crise dans l'est de la RDC est de longue date et enracinée dans des problèmes structurels, notamment la menace persistante posée par les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Il a critiqué l’opinion de Kinshasa selon laquelle les FDLR sont une force résiduelle, arguant que le groupe continue de constituer une menace importante pour le Rwanda et qu’il étend son idéologie à d’autres factions armées de la région.
Kagame a souligné ce qu’il considère comme une double norme dans les attentes internationales : alors que les accords de Washington appellent à un cessez-le-feu et à des mesures de sécurité de la part de toutes les parties, il affirme que seul le Rwanda fait face à des mesures punitives et à des sanctions. Il a cité les opérations militaires et le renforcement des troupes menées par la RDC et les forces alliées dans l'est et l'ouest de la RDC, arguant que ces actions compromettent le cessez-le-feu et font porter injustement le fardeau sur le Rwanda.
"Comme prévu, la responsabilité a été imputée exclusivement au Rwanda. Cette pression sélective n'a fait qu'encourager le gouvernement congolais et ses éléments affiliés à reprendre les opérations militaires. Nous demandons que la même rigueur soit exigée de toutes les parties", a déclaré Kagame.
Les remarques du président rwandais interviennent dans un contexte de sanctions américaines et de restrictions de visa visant les responsables rwandais accusés de soutenir la rébellion du M23. Le Département d'État américain insiste sur le fait que toutes les parties, y compris la RDC, doivent honorer les accords de Washington, notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Kagame a souligné que les actions du Rwanda étaient motivées par des préoccupations légitimes en matière de sécurité, défendant le droit du pays à protéger ses frontières contre la présence continue de groupes armés et leur idéologie génocidaire. "Le choix est clair : tolérer l'avancée des FDLR et de son réseau croissant de milices vers notre frontière, ou nous défendre et en supporter les conséquences. N'importe quel autre pays dans notre position ferait de même", a-t-il conclu.
Cette déclaration souligne les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, alors que la pression diplomatique s'intensifie au milieu des affrontements continus dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, prolongeant l'instabilité dans la région des Grands Lacs.
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