Illustration — F lix Tshisekedi Denis Sassou-Nguesso

Politique - 24 mai 2026

Mukwege accuse le président Tshisekedi de « trahison » lors du débat sur la réforme

Par Amina Kabasele3 min de lectureEnglish

KINSHASA, République démocratique du Congo, le 30 mai 2026 - Le Dr Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix, a vivement critiqué le président Félix Tshisekedi, l'accusant de « trahison grave et impardonnable » dans un contexte de tensions politiques croissantes autour des réformes constitutionnelles proposées en RDC.

Dans une déclaration publiée le 30 mai 2026, Mukwege a averti que les efforts liés à la prolongation des mandats présidentiels risquaient de détourner l'attention des défis nationaux urgents, notamment l'insécurité dans les provinces de l'Est et les crises de santé publique en cours telles que l'épidémie d'Ebola.

Il a fait valoir que le débat politique au sein de l'establishment au pouvoir, en particulier au sein du parti UDPS, s'est de plus en plus concentré sur la possibilité d'une révision constitutionnelle pour permettre un troisième mandat présidentiel, plutôt que sur les questions urgentes de gouvernance.

Mukwege a également critiqué les membres du parlement qui soutiennent l'initiative, suggérant que des incitations politiques et des avantages personnels motivaient le soutien à la proposition.

Selon lui, certains législateurs des régions touchées par le conflit, notamment l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, font partie de ceux qui soutiennent l'initiative, malgré l'instabilité persistante dans leurs circonscriptions.

"L'UDPS, qui était autrefois un modèle de révolution, est devenue un canal de conspiration qui mène notre pays à la destruction", a déclaré Mukwege dans son communiqué.

Il a exhorté le président Tshisekedi à se recentrer sur les obligations constitutionnelles et la stabilité nationale, avertissant que l’histoire jugerait les décisions des dirigeants prises au cours du débat politique actuel.

Ces remarques interviennent après que Tshisekedi a suggéré début mai qu'une réforme constitutionnelle pourrait être envisagée et qu'il respecterait la demande du public concernant une éventuelle prolongation de son mandat. Il a également indiqué que les élections de 2027 pourraient ne pas se dérouler comme prévu initialement.

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