Africa Insight
Illustration - Kinshasa cherche une réponse forte de l’UE à la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda

Sécurité - 22 mars 2026

Kinshasa cherche une réponse forte de l’UE à la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Kinshasa, le 22 mars 2026 - Strasbourg, les 12 et 13 mars 2026 - La République démocratique du Congo, représentée par la Ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, s'est entretenue avec des membres du Parlement européen (MPE) pour discuter de la crise sécuritaire et humanitaire dans l'est de la RDC, en particulier des hostilités en cours impliquant la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda. La réunion était présidée par l'eurodéputée belge Hilde Vautmans et comprenait le représentant spécial de l'UE pour la région des Grands Lacs, Johan Borgstam, par vidéoconférence.

Points clés de l’appel de Kinshasa

Le ministre Kayikwamba Wagner a souligné que le conflit dans l'est de la RDC a fait plus de six millions de morts, ce qui en fait l'une des crises les plus meurtrières depuis la Seconde Guerre mondiale.

Elle a dénoncé les violations répétées des accords de paix et a appelé à une mobilisation internationale plus forte, notamment par des pressions diplomatiques, une médiation régionale via l'Union africaine et des engagements concrets de la part des partenaires mondiaux.

Le gouvernement congolais a spécifiquement souligné le soutien continu du Rwanda à l’AFC/M23 comme un facteur majeur d’instabilité.

Engagement et plaidoyer de l’UE

Le Front Uni pour la RDC, une organisation à but non lucratif, a exhorté l'Union européenne à aller au-delà des déclarations, appelant à :

Protection des civils et promotion de la paix et de la sécurité dans la région des Grands Lacs.

Respect de l'intégrité territoriale de la RDC.

Des actions concrètes contre les groupes armés déstabilisant l’est de la RDC, en particulier les rebelles soutenus par le Rwanda.

Audrey Mundine, présidente du Front uni pour la RDC, a souligné que la crédibilité de l’UE en matière de droit international et de droits de l’homme est en jeu si elle n’agit pas de manière décisive.

Contexte et défis

Les hostilités entre l'AFC/M23 et les forces gouvernementales se poursuivent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, notamment avec l'utilisation accrue de drones, que les deux camps s'accusent mutuellement de déployer contre des civils.

Les processus de médiation internationale - le processus de Washington (Kinshasa-Kigali) et le processus de Doha (Kinshasa-AFC/M23) - ont enregistré certains progrès sur le papier mais peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain, contribuant ainsi à la méfiance et à la violence persistantes.

Les besoins humanitaires augmentent, le financement de l’aide internationale étant insuffisant face à l’escalade des hostilités.

À lire aussi