Illustration — 2010 boulevard du 30 juin Kinshasa 4428896245

Sécurité - 4 mai 2026

Un rapport parlementaire de la RDC souligne les faiblesses des forces de sécurité

Par Amina Kabasele3 min de lectureEnglish

Kinshasa, 29 avril 2026 - Un rapport de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a soulevé de sérieuses inquiétudes quant à la capacité des forces armées du pays et des groupes alliés à sécuriser efficacement le territoire national, invoquant des lacunes structurelles et opérationnelles.

Ces conclusions font suite à des consultations tenues en décembre 2025 entre la commission parlementaire de la défense et de la sécurité et plusieurs responsables gouvernementaux clés, notamment les ministres responsables de la sécurité, de la défense, des finances, de la fonction publique et des mines. Les discussions visaient à évaluer l'état de la sécurité nationale dans le contexte des conflits en cours dans les régions de l'Est.

Selon le rapport, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont confrontées à de multiples défis, notamment l'indiscipline, la vétusté des équipements et l'infiltration d'éléments hostiles. Ces faiblesses auraient compromis la capacité de l’armée à répondre efficacement aux groupes armés, en particulier au Nord et au Sud-Kivu.

Les responsables ont également souligné des problèmes de sécurité plus larges à travers le pays, notamment la présence de forces étrangères dans certaines parties de la province du Tanganyika et les conflits locaux dans les régions du nord. Les autorités ont averti que sans une action rapide et coordonnée, la situation pourrait encore se détériorer, avec des implications pour la stabilité nationale, la gouvernance et l'activité économique.

Le ministre de la Défense a reconnu les investissements récents dans la technologie militaire, notamment dans les drones et les avions de combat, mais a noté que les forces adverses se sont adaptées avec des contre-mesures, limitant leur efficacité. Il a souligné la nécessité d’une stratégie globale combinant des approches militaires, diplomatiques, de renseignement et économiques, ainsi que des réformes plus larges au sein du secteur de la sécurité.

Le rapport souligne en outre les défis en matière de gouvernance et de gestion financière. Bien que des fonds importants aient été alloués à l’armée en 2025, toutes les ressources n’ont pas été pleinement utilisées et certaines dépenses prévues n’ont pas été exécutées. Des inquiétudes ont également été exprimées concernant les retards dans le paiement des indemnités aux soldats déployés.

Le rôle de l’alliance des milices Wazalendo a également été examiné. Même si ces groupes sont considérés par certains responsables comme des partenaires importants dans la défense territoriale, le rapport met en lumière des problèmes liés à leur organisation, leur conduite et leur contrôle. Les tensions entre les milices et les forces régulières se seraient accrues ces derniers mois.

Les autorités ont indiqué que les plans futurs incluent le maintien de la coopération avec les groupes armés locaux pendant les opérations en cours, tout en envisageant des mesures à long terme telles que le désarmement, la réintégration ou une éventuelle intégration dans des structures de sécurité formelles.

À lire aussi