Africa Insight
Illustration - L’AFC/M23 participera au mécanisme international élargi de surveillance du cessez-le-feu

Sécurité - 19 avril 2026

L’AFC/M23 participera au mécanisme international élargi de surveillance du cessez-le-feu

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Kigali, le 16 avril 2026 - Le groupe armé AFC/M23 opérant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) devrait être inclus dans un mécanisme international restructuré chargé de surveiller la mise en œuvre d’un accord de cessez-le-feu, selon les développements émergeant des négociations de paix en cours.

Cet accord fait partie des progrès signalés dans les pourparlers entre le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23, facilités par le Qatar et soutenus par les États-Unis et l’Union africaine (UA), dans le cadre d’efforts plus larges visant à stabiliser la région des Grands Lacs.

Le cadre de surveillance régional existant, connu sous le nom de Mécanisme conjoint de vérification élargi (EJVM), supervise actuellement les incidents de sécurité le long des frontières de la région et enquête sur les violations lorsque des affrontements surviennent entre États.

Dans le cadre de la réforme proposée, le mécanisme serait transformé en une structure élargie appelée EJVM+, étendant son mandat au-delà des frontières des États pour inclure les zones contrôlées par les groupes armés et leurs alliances.

Nouvelle composition et mandat

Selon l'accord discuté le 14 avril 2026, lors des pourparlers de paix en cours en Suisse, l'organisme restructuré comprendrait des représentants du gouvernement de la RDC et de l'AFC/M23, aux côtés du soutien international des forces de maintien de la paix des Nations Unies (MONUSCO).

La composition proposée comprend trois représentants de l'AFC/M23, trois du gouvernement de la RDC et un soutien à la coordination du personnel de la MONUSCO.

Le mandat élargi comprendrait la surveillance du respect de l'accord de cessez-le-feu conclu entre les deux parties, en plus de fonctions plus larges de vérification de la sécurité.

Mise en œuvre retardée

Le processus de réforme a été initialement lancé l'année dernière, mais sa mise en œuvre a connu des retards. Même si les deux parties auraient convenu de principe de la création d'EJVM+, aucune date de lancement officielle n'a encore été annoncée.

Des tensions persistantes malgré les négociations

Les discussions en Suisse se poursuivent parallèlement à des informations faisant état d'une reprise des violences dans certaines parties de l'est du Congo, notamment dans les zones sous le contrôle de l'AFC/M23 et de groupes armés alliés tels que le MRDP-Twirwaneho à Minembwe.

Le porte-parole de l'AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a accusé le gouvernement de la RDC de maintenir des opérations militaires malgré sa participation aux pourparlers de paix, arguant que cela compromet le processus de négociation.

Il a déclaré que même si le groupe reste attaché à une solution politique, il continuera d'agir pour défendre les civils dans les zones touchées par les affrontements en cours.

L’évolution du cadre de surveillance est considérée comme un test clé des mesures de confiance entre les parties, alors que les médiateurs militent en faveur d’un cessez-le-feu durable et d’un règlement politique à long terme.

À lire aussi