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Illustration - Un rapport de l'ONU détaille la prétendue structure de commandement rwandaise derrière les opérations de l'AFC/M23

Sécurité - 3 juillet 2026

Un rapport de l'ONU détaille la prétendue structure de commandement rwandaise derrière les opérations de l'AFC/M23

Par Amina Kabasele2 min de lecture

Kinshasa, le 3 juillet 2026 - Un nouveau rapport du Groupe d'experts des Nations Unies sur la République démocratique du Congo a mis en lumière ce qu'il décrit comme une chaîne de commandement structurée reliant les Forces de défense rwandaises (RDF) aux opérations du mouvement Alliance du fleuve Congo/AFC-M23 dans l'est de la RDC.

L'évaluation examine la coordination militaire et les liens opérationnels entre les FDR et l'AFC/M23, qui continuent de contrôler des zones importantes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour résoudre le conflit.

Selon le rapport, les dirigeants rwandais ont nommé de hauts responsables militaires pour superviser les questions de sécurité et de défense liées au conflit. Le général à la retraite James Kabarebe a été nommé conseiller principal en matière de défense et de sécurité en décembre 2025, tandis que le général de brigade Jean-Paul Nyirabutama a ensuite été nommé son adjoint en janvier 2026.

Le document indique que Nyirabutama a joué un rôle dans la gestion des canaux de communication avec l'AFC/M23, tandis que James Kabarebe aurait agi comme un intermédiaire clé entre les autorités rwandaises, les dirigeants de l'AFC/M23 et l'ancien président congolais Joseph Kabila. Le rapport fait état de réunions fréquentes tenues à Gisenyi dans le cadre de ces contacts.

Les experts de l'ONU décrivent une structure opérationnelle dans laquelle les hauts responsables des FDR à Kigali entretenaient des liens avec les commandants sur le terrain. Le rapport identifie le général Vincent Nyakarundi, chef d'état-major de l'armée des FDR, comme ayant supervisé les opérations dans l'est de la RDC.

L’évaluation indique en outre que des éléments des 3e et 4e divisions rwandaises ont été impliqués dans le déploiement militaire régional. La 3e Division aurait été principalement active au Nord-Kivu sous la direction du général de division Eugène Nkubito, tandis que la 4e Division opérait principalement au Sud-Kivu avant d'être redéployée au Mozambique fin 2025. Des unités des forces spéciales auraient également été impliquées dans des opérations de première ligne.

Selon le rapport, d'anciennes recrues de l'AFC/M23 interrogées par des experts de l'ONU ont décrit la présence de personnel des RDF, y compris d'unités spécialisées, lors d'opérations militaires à haut risque.

Les experts affirment en outre que les autorités rwandaises auraient influencé les décisions stratégiques de l’AFC/M23, notamment les territoires à capturer, à conserver ou à retirer, ce qui suggère un niveau élevé de coordination opérationnelle entre les deux acteurs.

Le rapport indique également que des experts de l'ONU ont formellement demandé des explications au gouvernement rwandais concernant un soutien présumé à l'AFC/M23 mais n'avaient pas reçu de réponse au moment de la publication.

Les allégations impliquant l’ancien président Joseph Kabila et ses alliés politiques restent fortement contestées. Le camp de Kabila a rejeté à plusieurs reprises les accusations de liens avec l’AFC/M23 et le Rwanda, qualifiant les poursuites judiciaires contre lui de politiquement motivées et visant à affaiblir son influence politique.

La publication du rapport de l'ONU intervient alors que les efforts diplomatiques dans le cadre de l'accord de Washington et du processus de paix de Doha continuent de se heurter à des obstacles majeurs. Malgré les efforts de médiation internationale, les tensions entre Kinshasa et Kigali restent vives, avec des désaccords persistants sur l'interprétation et la mise en œuvre des engagements.

Les négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 n’ont pas encore abouti, tandis que les conditions de sécurité sur le terrain continuent de se détériorer. Les acteurs régionaux et internationaux continuent d'appeler toutes les parties à respecter leurs engagements, mais l'écart entre les accords diplomatiques et l'évolution du champ de bataille reste un défi majeur pour les efforts de paix dans l'est de la RDC.

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