
Sécurité - 3 juillet 2026
Un rapport de l’ONU contredit les affirmations de paix des FDLR dans une lettre adressée aux États-Unis
Kigali, le 3 juillet 2026 - Une lettre envoyée par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) aux États-Unis, présentant le groupe armé comme un partenaire pour la paix dans la région des Grands Lacs, a été contredite par les conclusions contenues dans un rapport des Nations Unies sur le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo.
La lettre, datée du 2 juillet 2025 et signée par le chef des FDLR Victor Byiringiro, également connu sous le nom de Gaston Iyamuremye, a été incluse dans le rapport du Groupe d'experts de l'ONU sur la RDC. Dans le document, les FDLR expriment leur soutien à l'Accord de paix de Washington signé par le Rwanda et la RDC le 27 juin 2025, et se décrivent comme un mouvement engagé dans le rétablissement d'une paix durable et la protection des réfugiés rwandais vivant dans l'est du Congo.
Cependant, le rapport de l'ONU présente une image différente, décrivant les FDLR comme un groupe armé structuré qui reste activement impliqué dans le conflit dans l'est de la RDC. Selon le rapport, l'organisation continue d'opérer à travers trois factions principales - FDLR-FOCA, FDLR-RUD et FDLR-FPP - et reste sous le coup de sanctions internationales en raison de ses activités militaires.
La lettre affirme également que les FDLR ne sont ni une organisation terroriste ni génocidaire et n’ont jamais constitué une menace pour le Rwanda. Ces affirmations contrastent avec l'histoire documentée du groupe, notamment les attaques menées dans le nord-ouest du Rwanda et l'implication de ses fondateurs dans la planification et l'exécution du génocide de 1994 contre les Tutsis.
Le rapport indique que les combattants des FDLR continuent d'opérer dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, notamment Nyiragongo, Masisi, Rutshuru et Walikale. Il cite également des informations selon lesquelles l'unité d'élite du groupe, connue sous le nom de CRAP, affirme avoir des combattants positionnés à la périphérie de Goma et d'autres qui auraient infiltré la ville.
Selon les conclusions de l'ONU, une réunion secrète tenue le 7 avril 2026 à Pinga, Walikale, a réuni des officiers supérieurs des forces armées congolaises et des dirigeants des FDLR, où les deux parties auraient convenu de maintenir leur coopération malgré la signature de l'accord de paix de Washington.
Le rapport estime la force combattante des FDLR à environ 3 500 membres en 2025, alors que le groupe lui-même prétend commander environ 10 000 combattants et affirme que son unité d'élite compte plus de 20 000 membres.
Les autorités rwandaises ont constamment décrit les FDLR comme l'une des principales menaces à la sécurité du pays, arguant qu'au-delà de leur capacité militaire, la promotion continue de l'idéologie génocidaire par le groupe reste une préoccupation majeure. Le démantèlement des FDLR a été une disposition clé des initiatives de paix régionales, notamment l'accord de Washington, ainsi que plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies appelant la RDC à désarmer le groupe et à faciliter le retour volontaire de ses membres.
Le contraste entre le message des FDLR aux États-Unis et les conclusions présentées dans le rapport de l'ONU soulève de nouvelles questions sur la manière dont le groupe se présente comme un acteur de la paix tout en restant activement engagé dans des opérations armées dans l'est de la République démocratique du Congo.
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