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Illustration - Des experts de l'ONU condamnent les violences « extrêmes » du M23 contre les défenseurs des droits de l'homme

Sécurité - 8 mars 2026

Des experts de l'ONU condamnent les violences « extrêmes » du M23 contre les défenseurs des droits de l'homme

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

EST DE LA RDC, le 26 février 2026 - Les experts des Nations Unies ont émis un avertissement fort face à l'escalade des violations des droits humains perpétrées par la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, contre les défenseurs des droits humains dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Les experts ont cité des tentatives d’assassinat, des enlèvements répétés, des actes de torture, des violences sexuelles et des menaces de mort visant ceux qui documentent les abus, soutiennent les communautés ou dénoncent les violations.

Dans une déclaration publiée à Genève lors de la 61e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, les experts ont souligné que les défenseurs des droits humains dans l'est de la RDC sont confrontés à des risques insupportables, en particulier les femmes et les membres de la communauté LGBT, qui sont soumis à des menaces accrues de violence sexuelle et de torture.

Entre novembre 2025 et février 2026, plusieurs défenseurs auraient été pris pour cible. Deux femmes qui militent contre les expulsions forcées de civils à Uvira ont été enlevées et torturées, et on ne sait toujours pas où elles se trouvent. Une autre femme défendant les droits LGBT a été victime d’enlèvements répétés et de graves tortures. Un défenseur des droits humains à Goma a été contraint de se cacher après des menaces et des attaques contre sa famille, tandis qu'un autre défenseur a reçu des menaces de mort et a été agressé chez lui.

Les experts ont souligné que même lorsque des violations sont commises par des groupes armés non étatiques, l'État a l'obligation légale, en vertu du droit international des droits de l'homme, de protéger toutes les personnes relevant de sa juridiction. Ils ont appelé les autorités à enquêter rapidement sur les abus, à fournir un soutien médical et psychosocial et à garantir que les défenseurs des droits humains puissent agir en toute sécurité.

"Les défenseurs des droits humains ne sont pas des combattants. Ce sont des acteurs essentiels pour la justice, la responsabilité et la paix. Les réduire au silence par la peur et la brutalité compromet les perspectives d'une paix durable dans l'est de la RDC", ont déclaré les experts.

Cet avertissement fait suite à un récent rapport gouvernemental documentant 17 015 cas de violations des droits humains à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu, qui a été présenté au Premier ministre Judith Suminwa Tuluka. Le gouvernement s’est engagé à intensifier le plaidoyer international et à garantir que les responsables de ces abus répondent de leurs actes.

La déclaration des experts de l’ONU souligne le besoin urgent de protection, de responsabilité et de respect du cessez-le-feu, alors que les attaques continues contre les défenseurs des droits humains menacent à la fois la situation humanitaire et le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo.

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