
Sécurité - 12 juillet 2026
L’Ukraine nie soutenir l’AFC/M23 et accuse la Russie de propager de la désinformation
Kiev, le 12 juillet 2026 - L'Ukraine a rejeté les accusations de la Russie selon lesquelles Kiev soutiendrait la rébellion de l'AFC/M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, qualifiant ces affirmations de sans fondement et faisant partie de ce qu'elle a appelé une campagne de désinformation plus large.
Cette réaction est intervenue après que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors d'une visite de travail à Bujumbura, au Burundi, samedi 11 juillet, a accusé l'Ukraine de faire partie des acteurs étrangers qui soutiendraient prétendument le mouvement armé contrôlant certaines parties des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, a rejeté ces allégations, déclarant qu'elles n'étaient étayées par aucune preuve et niant catégoriquement toute implication de Kiev dans le soutien à l'AFC/M23.
Selon le diplomate ukrainien, son pays ne cherche pas à s'immiscer dans les conflits africains et reste concentré sur ses propres défis sécuritaires. Il a plutôt accusé la Russie de mener une politique déstabilisatrice sur le continent africain.
Heorhii Tykhyi a en outre affirmé que Moscou tentait d'attribuer à d'autres des actions qui, selon l'Ukraine, sont liées aux activités russes à l'étranger, notamment le soutien à des groupes armés et le recrutement de ressortissants étrangers dans les conflits.
Kiev a également fait valoir que les accusations étaient politiquement motivées et visaient à affaiblir les initiatives diplomatiques internationales visant à résoudre la crise dans la région des Grands Lacs.
Le gouvernement ukrainien a déclaré que l’objectif de la Russie était de saper les efforts de médiation menés par les États-Unis et de détourner l’attention de ce qu’il décrit comme le propre rôle de Moscou dans les conflits internationaux.
Cet échange intervient alors que l’est de la RDC reste coincé dans une crise sécuritaire prolongée malgré les initiatives diplomatiques en cours, notamment l’accord de Washington et le processus de paix de Doha. Les relations entre Kinshasa et Kigali restent tendues, les deux parties proposant des interprétations différentes des engagements existants.
Les négociations de Doha, soutenues par le Qatar, ont également eu du mal à obtenir des avancées majeures, des désaccords persistant entre le gouvernement congolais et le mouvement AFC/M23, que Kinshasa accuse d'être soutenu par le Rwanda.
Les acteurs régionaux et internationaux continuent d’appeler toutes les parties à respecter leurs engagements et à soutenir les efforts de paix. Cependant, l’écart entre les accords diplomatiques et les réalités sur le terrain reste important, alors que les combats se poursuivent et que chaque partie maintient sa propre interprétation des négociations en cours.
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