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Illustration - Le rôle discret de l’Ouganda dans la résurgence et le recrutement du M23 révélé, selon un rapport

Sécurité - 4 avril 2026

Le rôle discret de l’Ouganda dans la résurgence et le recrutement du M23 révélé, selon un rapport

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 5 avril 2026 - L'Ouganda a joué un rôle discret mais significatif dans la résurgence du mouvement M23, facilitant le retour de ses dirigeants militaires dans l'est de la République démocratique du Congo et servant de plateforme de recrutement pour la reconstitution du groupe, selon une nouvelle analyse.

Le rapport décrit comment, après la défaite militaire du mouvement en 2013, la plupart des combattants du M23 ont été transférés vers des installations militaires ougandaises, dans le sud-ouest de l’Ouganda, où ils sont restés pendant plusieurs années sous la supervision de l’armée.

En 2017, le chef militaire du M23, Sultani Makenga, aurait quitté un camp militaire ougandais et se serait dirigé vers la zone frontalière autour du mont Sabyinyo, près de la zone des trois frontières entre l'Ouganda, le Rwanda et la RDC. Son départ est décrit comme ayant été discrètement facilité par des éléments de la structure militaire ougandaise, permettant un retour progressif des dirigeants sur le territoire congolais.

L’analyse indique en outre que l’Ouganda est ensuite devenu une base de recrutement clé au cours de la phase de remobilisation du M23 qui a débuté en 2021, les anciens sites de campement servant de vivier pour les nouveaux combattants rejoignant le mouvement. Cette dynamique de recrutement se présente comme faisant partie d’un réseau plus large et informel impliquant les milieux militaires et la mobilité transfrontalière.

Les tensions entre les États de la région sont également citées comme un facteur contribuant au changement d’alliances, en particulier entre l’Ouganda et le Rwanda, alors que les intérêts sécuritaires concurrents et les déploiements militaires dans l’est du Congo s’intensifient.

Le rapport note également des allégations de coordination entre des éléments des forces armées ougandaises et des recrues du M23 lors d'activités de formation menées dans les régions frontalières de l'est du Congo, aux côtés d'autres acteurs militaires régionaux.

Cependant, il souligne que la nature exacte de l’implication de l’Ouganda reste complexe et pas entièrement définie, et qu’elle ne fait pas de distinction claire entre la politique officielle de l’État et les actions des acteurs militaires individuels opérant dans une dynamique de sécurité régionale plus large.

Conclusion

La période allant de fin mars à début avril 2026 reflète une République démocratique du Congo naviguant entre des progrès institutionnels significatifs et une fragilité structurelle persistante. Alors que les autorités de Kinshasa ont avancé des réformes clés et renforcé les partenariats internationaux, les régions de l’Est restent en proie à l’insécurité et aux tensions humanitaires.

Fondements institutionnels et économiques

Le lancement du deuxième Recensement général de la population et du logement marque une étape historique vers une gouvernance moderne, soutenue par un engagement de 80 millions de dollars de la Banque africaine de développement. Cette initiative vise à combler un déficit de données vieux de plusieurs décennies, jetant ainsi les bases d’une meilleure politique publique et d’un développement équitable. Dans le même temps, le renouvellement de la diplomatie minière - à travers des accords avec la Chine et des discussions stratégiques sur le lithium et le cobalt - met en évidence l’ambition du pays de progresser dans la chaîne de valeur mondiale et d’affirmer une plus grande souveraineté économique.

Tensions politiques et débat constitutionnel

Cependant, la dynamique politique reste fragile. Le débat sur la révision constitutionnelle continue de polariser les acteurs nationaux. La Conférence épiscopale nationale du Congo a mis en garde contre le lancement de réformes sans un large consensus, citant le climat sécuritaire actuel. Pendant ce temps, l’opposant Moïse Katumbi a fermement rejeté toute tentative d’amendement de la constitution, la présentant comme une menace potentielle à la stabilité démocratique. En parallèle, le président Félix Tshisekedi a appelé à une meilleure coopération entre les institutions provinciales, soulignant les défis persistants en matière de gouvernance liés à la décentralisation.

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