Illustration — Sudan. Khartoum. Bridge across Blue Nile from Khartou 551d47473a

Économie - 26 mai 2026

Le secteur électrique soudanais s’effondre alors que la guerre inflige des dégâts de 3

Par Jean-Marc Okito3 min de lectureEnglish

Khartoum, 18 mai 2026 - Le secteur électrique soudanais a subi des dommages estimés à 3 milliards de dollars depuis le déclenchement du conflit en cours, déclenchant une transition nationale vers l'énergie solaire alors que les ménages, les entreprises et les opérateurs de télécommunications luttent pour faire face à l'effondrement du réseau national et à la flambée des coûts du diesel, selon un rapport des Nations Unies publié lundi.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Soudan a déclaré que la destruction généralisée des installations de production d'électricité et des infrastructures de transport a forcé une transition rapide et largement imprévue vers l'énergie solaire, malgré les pressions persistantes sur les coûts et la perturbation des chaînes d'approvisionnement. Le pays, qui bénéficie de niveaux d’irradiation solaire parmi les plus élevés au monde, dispose d’un potentiel technique estimé à 15 gigawatts (GW) d’énergie solaire et à 1,5 GW d’énergie éolienne. Pourtant, avant la guerre, l’électricité du réseau ne couvrait que 45 à 60 % de la population, laissant les communautés rurales et isolées fortement dépendantes des solutions hors réseau.

Le rapport estime la capacité solaire installée du Soudan à environ 190 mégawatts (MW) d’ici 2025, soit un chiffre bien inférieur aux ambitions du gouvernement d’avant-guerre de produire 3 300 MW d’énergie renouvelable d’ici 2033, dont 2 190 MW à partir de sources solaires.

Le conflit a également fait dérailler les programmes menés par l’État, tels que les projets visant à distribuer 2,5 millions de systèmes solaires domestiques aux communautés hors réseau. À leur place, les importations privées d’équipements solaires ont bondi entre 2024 et 2025, à mesure que les pannes de réseau s’intensifiaient et que les prix du carburant devenaient de plus en plus prohibitifs.

Cependant, le PNUD a averti que le secteur reste très fragile. Étant donné que tous les composants, y compris les panneaux, les batteries et les onduleurs, sont importés, le marché est fortement exposé à la dépréciation monétaire, aux pénuries de devises et aux coûts logistiques nationaux élevés. Le rapport précise que les coûts d'importation via Port-Soudan ont été considérablement gonflés par les frais de transport interne, les frais de stockage portuaire, les surestaries et les dépenses de documentation, qui, collectivement, ont érodé l'accessibilité financière pour les utilisateurs finaux.

Sur les marchés de détail de villes comme Atbara, Port-Soudan, Dongola et Khartoum, les prix des panneaux solaires atteignaient entre 218 000 et 255 000 livres soudanaises pour une unité de 590 watts fin 2025, tandis que les batteries au lithium de 10 kilowatts coûtaient plus de 5 millions de livres soudanaises.

Malgré une adoption croissante, les disparités régionales restent prononcées. Khartoum arrive en tête avec une pénétration solaire supérieure à 7 %, suivie du Kordofan avec environ 6 % et du Darfour avec 5 %, tandis que les régions de l'Est et du Centre sont à la traîne avec environ 3 %.

Les conséquences économiques de la crise énergétique ont été graves, en particulier pour les petites et moyennes entreprises et l'agriculture. À Gedaref, les agriculteurs ont signalé des baisses de rendement significatives liées à un approvisionnement électrique peu fiable. Dans le Nil Bleu, la pénurie de diesel a poussé les prix du carburant à des niveaux extrêmes, tandis que les systèmes d'irrigation du Nil Blanc sont restés inactifs pendant de longues périodes en raison de pénuries de carburant.

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