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Illustration - RTNC suspend un journaliste ayant animé une interview controversée avec le général Maj. Ekenge

Sécurité - 11 janvier 2026

RTNC suspend un journaliste ayant animé une interview controversée avec le général Maj. Ekenge

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 11 janvier 2026 - La Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) a suspendu le journaliste Joseph Oscar Mbal Kahij suite à la diffusion de propos jugés discriminatoires envers le groupe ethnique tutsi lors d'un programme en direct sur la chaîne de télévision d'État.

Dans un communiqué publié le 29 décembre 2025, le conseil d'administration de la RTNC a annoncé que "le responsable de la diffusion à la télévision, Oscar Mbal Kahij, a été suspendu de ses fonctions pour avoir permis la diffusion de déclarations ciblant le groupe ethnique tutsi par le porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge Efomi."

Mbal Kahij a accueilli le général Maj. Sylvain Ekenge le 27 décembre lors de l'émission "Plateau Spécial", qui était initialement destinée à aborder la situation sécuritaire dans l'est de la République Démocratique du Congo, en particulier dans les zones touchées par les combats dans la province du Sud-Kivu.

Cependant, selon l'évaluation interne de la RTNC, la discussion a dévié de son objectif initial. Au lieu de se concentrer sur les développements militaires, l'échange a inclus des remarques répétées ciblant les Rwandais et les Tutsis congolais.

Lors de la diffusion, le général Maj. Ekenge a fait des déclarations controversées, y compris des commentaires suggérant que se marier avec une femme tutsi (Umutsikazi) nécessite de la prudence, alléguant qu'elles refusent d'avoir des enfants avec des personnes d'autres groupes ethniques. Ces remarques ont suscité de vives critiques tant au niveau national qu'international.

Le 28 décembre, le chef d'état-major général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, a annoncé la suspension temporaire du général Maj. Ekenge, en citant que ses déclarations étaient incompatibles avec l'éthique militaire et la politique nationale, suite à une forte pression publique.

Des observateurs et des défenseurs des droits de l'homme soutiennent que l'incident reflète le niveau croissant de haine ethnique dirigée contre les Tutsis congolais, malgré la position de longue date du gouvernement de la RDC selon laquelle tous les citoyens sont égaux devant la loi.

Les suspensions tant du porte-parole militaire que du journaliste marquent une rare reconnaissance par les institutions étatiques de la responsabilité dans la gestion des discours de haine sur les médias publics, bien que les critiques continuent de remettre en question la profondeur et la sincérité de ces mesures.

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