
Sécurité - 10 avril 2026
RSF accusé d'avoir tué 16 civils lors d'une attaque à caractère ethnique à El Fasher
Soudan, 25 mars 2026 ; Au moins 16 civils, dont trois femmes, ont été tués dans ce qui a été décrit comme une attaque à caractère ethnique à El Fasher, selon un réseau médical surveillant le conflit dans la région. Dans un communiqué publié mercredi, le Réseau des médecins soudanais a affirmé que des membres des Forces de soutien rapide (RSF) avaient procédé à des exécutions sommaires visant des habitants non armés de la ville. Les victimes auraient été enterrées dans trois fosses communes distinctes à la périphérie d'El Fasher, ce que le groupe a décrit comme le reflet de l'ampleur de la tragédie à laquelle sont confrontés les civils dans les zones de conflit. Le groupe a condamné ces meurtres comme un « crime odieux » et une violation flagrante du droit international et des valeurs humaines fondamentales. Les RSF font face à des accusations répétées d’exactions systématiques à El Fasher depuis le lancement d’une offensive majeure en mai 2024. Les allégations incluent la destruction d’hôpitaux et d’infrastructures d’approvisionnement en eau, ainsi que des violences généralisées contre les civils. Les informations faisant état de massacres se sont intensifiées après que le groupe paramilitaire a pris le contrôle total de la ville en octobre. Le 19 février 2026, une mission d'enquête des Nations Unies concluait que RSF avait commis des actes constitutifs de génocide lors de sa prise de contrôle d'El Fasher. Des conclusions antérieures du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ont fait état de plus de 6 000 morts au cours des trois premiers jours de l'assaut, et des milliers d'autres ont été tués au cours de l'occupation qui a suivi ou alors qu'ils tentaient de fuir. Les évaluations de la Cour pénale internationale et du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme indiquent que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité pourraient avoir été commis dans la capitale du Nord-Darfour. Le Réseau des médecins soudanais a averti que le ciblage continu de civils sur la base de leur identité reflète une escalade de violence systématique dans la région du Darfour. Il appelle la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l'homme à prendre des mesures urgentes pour mettre un terme aux violations en cours, qui ont entraîné le déplacement de milliers de femmes et d'enfants depuis octobre. Le communiqué tient également les dirigeants de RSF pour responsables et exhorte les puissances mondiales à prendre des mesures plus décisives pour faire face à la crise humanitaire. Depuis qu'elles ont consolidé leur contrôle sur la ville, RSF a imposé des restrictions strictes à l'accès humanitaire et interdit les services Internet par satellite. Selon les observateurs, ces mesures visent à limiter le flux d'informations et à dissimuler les preuves d'atrocités.
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