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Illustration - Les habitants fuient le village de Bembele, craignant une présence armée

Sécurité - 22 mars 2026

Les habitants fuient le village de Bembele, craignant une présence armée

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Kinshasa, le 22 mars 2026 - Bafwasende, Tshopo 23 mars 2026 - Les habitants du village de Bembele, situé à 76 kilomètres de Bafwasende, ont commencé à fuir leurs maisons suite à des informations faisant état d'hommes armés présumés dans les forêts voisines.

Depuis le 23 mars, des familles se dirigent vers Nia-Nia (Ituri) et la ville de Bafwasende, même si le nombre exact de personnes déplacées reste inconnu.

Des sources locales rapportent que des agriculteurs ont repéré des individus armés, faisant craindre une éventuelle présence des ADF, notamment après les récentes attaques meurtrières à Mambasa, où au moins 50 personnes ont été tuées à Muchacha et Babesua.

Le regain d'insécurité a déjà contraint plus de 7 000 personnes à fuir Mambasa, dont beaucoup vivent désormais dans des conditions précaires dans des familles d'accueil à Bafwasende et dans les environs.

La situation met en lumière les inquiétudes croissantes concernant la propagation de la violence et l’impact humanitaire des activités continues des groupes armés dans l’est de la RDC.

Conclusion

La période du 9 au 22 mars 2026 a révélé que la République démocratique du Congo (RDC) se trouvait à un carrefour crucial, naviguant dans d’ambitieux projets de développement national dans un contexte de défis sécuritaires et politiques persistants.

Sur le plan sécuritaire, les provinces de l’Est restent instables. Malgré les efforts de médiation internationale à travers les voies de Washington et de Doha, qui ont permis des gestes tels que la libération de plus de 5 000 soldats des FARDC, les améliorations tangibles pour les populations locales restent limitées. Les affrontements impliquant les AFC/M23, les milices Wazalendo et les ADF se poursuivent, les communautés civiles subissant le poids des violences. Les crises humanitaires persistent, illustrées par la destruction des infrastructures judiciaires à Goma et Bukavu et par la poursuite des déplacements.

Sur le plan politique, le paysage est marqué par la polarisation et les manœuvres aux enjeux élevés. Les démissions de hauts responsables parlementaires, tels que Modeste Bahati Lukwebo, et la montée des débats de l'opposition sur les amendements constitutionnels soulignent un chemin tendu vers les cycles électoraux de 2028. Parallèlement, les réformes juridiques et le renforcement institutionnel, notamment la création du Tribunal pénal économique et financier, témoignent des efforts visant à améliorer la gouvernance et à lutter contre la corruption.

Sur le plan économique, la RDC poursuit sa modernisation stratégique, depuis les projets d'infrastructures dans le cadre de l'amendement 5 de l'accord Sicomines jusqu'au lancement d'une raffinerie nationale d'or à Kalemie. Les investissements dans l’énergie, notamment le programme de développement Inga III, reflètent une volonté de transformer le pays en un pôle énergétique continental. Pourtant, ces avancées coexistent avec des revers : l’état précaire de Congo Airways, les glissements de terrain meurtriers à Lualaba et Masisi et les risques persistants posés par les routes migratoires irrégulières mettent en évidence des vulnérabilités persistantes.

Dans l’ensemble, mars 2026 met en évidence une nation qui s’efforce de progresser mais est contrainte par le conflit et la fragilité institutionnelle. Alors que la RDC jette les bases d’une croissance économique à long terme, d’une expansion énergétique et d’une modernisation administrative, les menaces sécuritaires et les tensions politiques persistantes menacent de saper ces acquis. Une stabilité durable exigera une gouvernance solide, un dialogue inclusif, une gestion transparente des ressources et une application efficace de l’État de droit pour garantir que le progrès économique et social profite à tous les citoyens congolais.

Par Glad Musema

Jeff Buleli

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