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Illustration - Un rapport accuse les parties belligérantes du Soudan d’attaques aériennes systématiques contre des civils au Darfour

Sécurité - 12 juillet 2026

Un rapport accuse les parties belligérantes du Soudan d’attaques aériennes systématiques contre des civils au Darfour

Par Amina Kabasele3 min de lecture

KAMPALA, le 12 juillet 2026 - Un nouveau rapport accuse à la fois les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) d'avoir mené à plusieurs reprises des frappes aériennes et de drones visant délibérément des civils à travers le Darfour, soulevant de sérieuses inquiétudes quant aux violations du droit international humanitaire.

Le rapport documente 17 attaques aériennes et de drones entre octobre 2024 et avril 2026, alléguant que des marchés, des hôpitaux, des célébrations de mariage, des mosquées et des abris pour personnes déplacées figuraient parmi les lieux touchés, entraînant des centaines de morts et de blessés civils.

Selon les conclusions, les enquêteurs ont identifié des échecs répétés des deux parties à faire la distinction entre les objectifs militaires et les sites civils lors des opérations militaires.

Parmi les incidents soulignés figurent des frappes aériennes qui auraient touché des lieux publics très fréquentés à Nyala et Tora, ainsi qu'une attaque de drone contre une mosquée à El Fasher pendant les prières de l'aube. Le rapport allègue également le recours à des frappes dites « à double frappe », au cours desquelles une deuxième attaque suit peu de temps après la première frappe, touchant les premiers intervenants et les civils tentant de secourir les victimes.

Le document décrit le conflit soudanais comme de plus en plus dominé par les drones et autres armes aériennes avancées, arguant que l’utilisation croissante d’avions sans pilote est devenue l’une des principales causes de pertes civiles.

Le rapport appelle la communauté internationale à renforcer l'application des embargos sur les armes existants, à freiner l'afflux d'armes dans le conflit et à soutenir davantage les efforts visant à documenter les violations et à surveiller les réseaux d'approvisionnement en armes.

Les chercheurs à l'origine du rapport ont déclaré que les attaques continues contre les infrastructures civiles démontraient un mépris persistant pour les lois des conflits armés et ont souligné la nécessité de rendre des comptes par le biais d'enquêtes indépendantes et de mécanismes de justice internationale.

Conclusion

Les développements entre le 1er et le 13 juillet 2026 illustrent un conflit de plus en plus enraciné, les crises militaires, humanitaires, économiques et diplomatiques se renforçant les unes les autres. La guerre a évolué au-delà des lignes de front conventionnelles pour devenir une lutte pour des villes stratégiques, des corridors de transport et des actifs économiques, tandis que les alliances locales changeantes et les gains et pertes territoriaux répétés continuent d’alimenter l’instabilité au Darfour, au Kordofan et dans la région du Nil Bleu.

Le bilan humanitaire continue de s’alourdir. L’intensification des combats, les frappes de drones et les restrictions à l’accès humanitaire ont entraîné le déplacement de milliers de civils supplémentaires, submergé des villes comme El Obeid et mis encore plus à rude épreuve les systèmes de santé, d’eau et d’alimentation déjà fragiles. Les informations faisant état d’attaques contre des infrastructures civiles, des marchés, des installations médicales et des sites de déplacement, ainsi que des allégations croissantes de violations du droit international humanitaire, ont accru les inquiétudes quant à la protection des civils et à leur responsabilité.

Les efforts diplomatiques ont pris de l’ampleur mais restent incertains. Le Soudan s'est engagé dans des initiatives de paix internationales, y compris un cadre de médiation soutenu par les États-Unis, tout en réaffirmant les conditions centrées sur la souveraineté nationale, l'intégrité territoriale et les arrangements de sécurité. Dans le même temps, l’Union africaine, les Nations Unies et d’autres partenaires régionaux et internationaux ont intensifié leurs efforts pour relancer les négociations, reflétant une reconnaissance croissante du fait qu’une solution militaire à elle seule ne mettra probablement pas fin au conflit.

La surveillance internationale s'est également accrue à travers des actions juridiques et politiques, notamment des appels à des sanctions plus sévères, des enquêtes sur des crimes de guerre présumés et des poursuites judiciaires contre de hauts responsables accusés d'atrocités. Ces évolutions soulignent la dimension internationale croissante de la crise et l’accent croissant mis sur la responsabilité parallèlement à la résolution des conflits.

Pendant ce temps, l'économie soudanaise reste soumise à de fortes pressions. L'inflation, la perturbation des échanges commerciaux, la baisse de la production agricole et les infrastructures endommagées continuent de saper les moyens de subsistance malgré les mesures gouvernementales visant à stabiliser la monnaie, à soutenir les agriculteurs, à moderniser les infrastructures stratégiques et à renforcer les partenariats économiques régionaux.

Prises ensemble, ces évolutions laissent entrevoir un pays confronté à une crise prolongée et multidimensionnelle. Sans progrès durables vers un cessez-le-feu national, un accès humanitaire élargi, un dialogue politique significatif et une reprise économique, le Soudan risque de rester pris dans un cycle de violence, de déplacements et de fragilité institutionnelle dont les conséquences s’étendront bien au-delà de ses frontières.

Par Jeff Buleli

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