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Illustration - Plus de 60 personnes condamnées dans le cadre de la répression de l'exploitation minière illégale

Économie - 8 mars 2026

Plus de 60 personnes condamnées dans le cadre de la répression de l'exploitation minière illégale

Par Amina Kabasele3 min de lecture

KARONGI, le 24 février 2026 - Les autorités du district de Karongi ont intensifié leurs efforts contre l'exploitation minière illégale, ce qui a conduit à la condamnation de plus de 60 personnes au cours des trois derniers mois, alors que les autorités cherchent à protéger les investissements miniers légaux et à limiter les dommages environnementaux.

Les opérateurs du secteur minier légal affirment que les mineurs illégaux continuent de menacer leurs entreprises en vendant des minerais à des prix inférieurs tout en évitant les obligations fiscales, créant ce qu'ils décrivent comme une concurrence déloyale.

Les activités minières illégales sont particulièrement répandues dans les secteurs de Rubengera, Rugabano, Gashari, Murambi, Bwishyura et Mutuntu, où les mineurs opèrent le long de plusieurs rivières, dont Musogoro, Mashyiga et Nyabahanga.

Dommages environnementaux et agricoles

Les habitants rapportent que les opérations minières illégales ont provoqué une dégradation importante de l'environnement, notamment la destruction des terres agricoles, des pertes de récoltes et des dommages aux berges des rivières.

Les cours d’eau touchés - notamment les rivières Nyabahanga et Musogoro, qui se jettent dans le lac Kivu, et la rivière Mashyiga, un affluent de la rivière Nyabarongo - jouent un rôle important dans l’écosystème et l’agriculture de la région.

Les mineurs légaux signalent des pertes économiques

Les investisseurs dans les opérations minières autorisées avertissent que les activités d’extraction illégales compromettent leur viabilité financière.

Un opérateur minier légal de longue date dans le district de Karongi, qui travaille dans le secteur depuis plus de 13 ans, a déclaré produire cinq à six tonnes de minéraux par mois et employer entre 400 et 500 travailleurs. Il a expliqué que les commerçants illégaux évitent de payer des impôts, ce qui leur permet de vendre des minerais à des prix nettement inférieurs, ce qui affaiblit le marché formel.

Selon l’investisseur, les minéraux extraits légalement sont vendus à environ 35 000 francs rwandais le kilogramme, tandis que les minéraux d’origine illégale sont vendus à environ 30 000 francs, ce qui rend difficile pour les opérateurs agréés de rester compétitifs.

Les autorités intensifient la répression

Les autorités locales affirment que les mesures coercitives introduites depuis fin 2025 commencent à porter leurs fruits.

Les autorités ont organisé des réunions avec les propriétaires fonciers de tout le district pour les avertir des conséquences juridiques de l'autorisation d'une exploitation minière non autorisée sur leur propriété. Les propriétaires fonciers qui ne signalent pas leurs activités illégales risquent d’être traités comme des complices aux termes de la loi.

Dans le cadre de la répression, plus de 60 suspects ont été poursuivis et condamnés devant un tribunal, contribuant ainsi au déclin des activités minières illégales, selon les responsables du district.

Un responsable local sous enquête

Les autorités ont également arrêté un responsable administratif local accusé de collaboration avec des mineurs illégaux.

Le responsable fait l'objet d'une enquête pour avoir prétendument divulgué des informations aux suspects et les avoir aidés à échapper à leur arrestation lors d'opérations de répression.

Les autorités affirment que la répression en cours vise à protéger les ressources naturelles, à soutenir les investisseurs miniers légaux et à réduire l'impact économique et environnemental de l'exploitation minière illégale dans le district de Karongi.

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