Africa Insight
Illustration - Kivu Nord : La société civile tire la sonnette d'alarme sur la détérioration de la situation humanitaire dans les zones occupées par l'AFC-M23

Sécurité - 13 décembre 2025

Kivu Nord : La société civile tire la sonnette d'alarme sur la détérioration de la situation humanitaire dans les zones occupées par l'AFC-M23

Par Jean-Marc Okito2 min de lecture

Kinshasa, le 13 décembre 2025 - Kivu Nord - La société civile tire la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire critique dans les territoires de Masisi et Rutshuru, où les personnes retournant dans les zones contrôlées par l'AFC-M23 vivent dans des conditions extrêmement précaires.

Selon Léopold Mwisha, un activiste local de la société civile, les familles, principalement composées d'agriculteurs et d'éleveurs, souffrent de malnutrition, de manque de soins médicaux et d'abris insuffisants, tandis que leurs activités agricoles et pastorales sont gravement perturbées.

Il appelle à une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires pour aider ces communautés vulnérables et atténuer les conséquences de l'occupation rebelle.

La période du 1er au 14 décembre 2025 a été marquée par une contradiction frappante et troublante entre l'ambition diplomatique et la réalité sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

La signature de l'Accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington le 4 décembre a suscité des espoirs d'une désescalade durable, en esquissant des engagements pour un cessez-le-feu, la neutralisation des FDLR et le lancement d'initiatives économiques conjointes telles que le projet hydroélectrique Rusizi III.

Pourtant, cette avancée diplomatique a été presque immédiatement compromise par une détérioration rapide de la sécurité dans l'est de la République Démocratique du Congo, en particulier au Sud-Kivu. La capture d'Uvira par l'AFC/M23, accompagnée de combats renouvelés et de déplacements massifs, a révélé la fragilité de l'accord. Kinshasa et Washington ont ouvertement accusé le Rwanda de violer l'accord, alléguant un soutien militaire continu à la rébellion et une escalade des opérations transfrontalières.

Dans le même temps, les deux pays ont poursuivi leurs réformes internes : le Rwanda a avancé des projets d'infrastructure clés, tandis que la RDC a mis l'accent sur la stabilisation économique et la résilience de l'État, citant près de 7,4 milliards de dollars de réserves de change et l'adoption d'un budget national 2026 centré sur la sécurité.

En fin de compte, cette période de deux semaines illustre un paradoxe central : alors que des cadres politiques pour la paix et le développement se dessinent, leur succès reste prisonnier des réalités sur le terrain. L'effondrement rapide du cessez-le-feu souligne que la mise en œuvre des accords, la cessation de la guerre par procuration et la protection des civils demeurent les tests les plus urgents - et les plus fragiles - pour la paix dans la région des Grands Lacs.

À lire aussi