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Illustration - Le Niger dévoile une réforme fiscale ambitieuse pour renforcer le financement de la sécurité nationale

Politique - 2 novembre 2025

Le Niger dévoile une réforme fiscale ambitieuse pour renforcer le financement de la sécurité nationale

Par Sarah Ndaya2 min de lecture

Niamey, le 2 novembre 2025 - Le gouvernement du Niger a lancé sa réforme économique la plus complète à ce jour avec la présentation de l'Ordonnance n° 2025-35, restructurant le Fonds de Sauvegarde de la Patrie (FSSP). L'ordonnance a été détaillée lors d'une conférence de presse le jeudi 30 octobre 2025, au Centre de Conférence de Niamey par Mme Reki Moussa Hassane, Présidente du Comité de Gestion du FSSP.

Le nouveau cadre juridique, adopté par le Conseil des Ministres le 22 octobre après neuf mois de consultations avec des acteurs économiques, sociaux et professionnels, transforme le FSSP d'un fonds basé sur le patriotisme volontaire en un système structuré de onze prélèvements obligatoires. La réforme vise à garantir un revenu annuel stable d'environ 50 milliards de francs CFA, fournissant une base financière prévisible pour les initiatives de sécurité, de défense, de développement et de souveraineté du Niger, indépendamment des fluctuations de l'aide internationale.

Les éléments clés du système de prélèvement comprennent :

Commerce international : taxe de 3 à 12 % sur certains biens de luxe importés ; prélèvement de 4 % sur les exportations agricoles et halieutiques ; frais fixes sur les licences et certificats via le Guichet Unique du Commerce Extérieur.

Secteur des entreprises : contribution de 1,2 % sur le chiffre d'affaires des entreprises stratégiques ; impôt de 15 % sur les retours d'investissements des institutions publiques et des entreprises publiques.

Travail et salaires : contribution de 1 % sur les salaires nets dans les secteurs public, privé et parapublic, complétée par des taxes sur les avantages en nature.

Télécommunications et services numériques : contribution obligatoire de 1 % sur les abonnements mensuels de téléphone et d'internet.

Finances publiques : allocation de 10 % des fonds nationaux, y compris le Fonds d'Accès Universel, le Fonds Minier et le Fonds d'Intervention.

Société civile : contributions mensuelles échelonnées pour les ONG et associations, allant de 10 000 à 100 000 francs CFA selon la taille et le budget.

Immobilier et marchés publics : impôt de 3 % sur les loyers des bâtiments loués par l'État et les projets de développement ; prélèvement de 0,5 % sur la valeur hors taxes des contrats de marchés publics.

Les responsables décrivent la réforme comme une étape majeure vers l'autonomie fiscale, liant directement l'activité économique nationale au financement de la souveraineté nationale. Son succès dépendra d'une administration soigneuse pour éviter un ralentissement économique, des pressions inflationnistes ou des charges excessives pour les citoyens et les entreprises.

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