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Illustration - Les nouvelles taxes routières transforment le corridor Manono-Nyunzu-Kalemie en un défi économique

Économie - 8 juillet 2026

Les nouvelles taxes routières transforment le corridor Manono-Nyunzu-Kalemie en un défi économique

Par Amina Kabasele2 min de lecture

Kalemie, le 8 juillet 2026 - La réouverture de la route Manono-Nyunzu-Kalemie, autrefois considérée comme une opportunité majeure pour relancer le commerce et reconnecter une partie isolée de la province du Tanganyika, génère désormais une frustration croissante parmi les transporteurs, les commerçants et les riverains qui accusent les autorités de permettre une fiscalité excessive le long de la route stratégique.

La route de 446 kilomètres devait transformer l'activité économique dans le territoire de Manono, qui était resté largement isolé pendant des années en raison du mauvais état des infrastructures de transport. Mais selon les organisations de la société civile et les représentants des commerçants, les bénéfices d'un meilleur accès sont compromis par la multiplication des péages, des points de contrôle et des frais supplémentaires imposés aux usagers de la route.

Dans une déclaration conjointe publiée le 7 juillet, la Coordination de la société civile de Manono et l'Association des commerçants de Manono ont averti que la pression financière créée par ces charges affecte les entreprises et augmente le coût de la vie des ménages à travers la province.

Les coûts de transport font grimper les prix

Selon les organismes, les véhicules empruntant la route sont soumis à des tarifs de péage différents selon leur catégorie. Les véhicules de tourisme, les camions de taille moyenne et les véhicules de transport lourds sont tous tenus de payer des frais spécifiques le long du trajet.

La charge est encore plus lourde pour les camions transportant des marchandises. Les commerçants affirment que l’accumulation de frais a considérablement augmenté le coût du transport des produits essentiels, créant un effet domino dans l’ensemble de l’économie locale.

Les opérateurs de transport augmentent leurs prix pour couvrir les dépenses supplémentaires, les commerçants répercutent ensuite ces coûts sur les consommateurs et les familles finissent par payer davantage pour les produits de première nécessité tels que la farine, le sucre, le sel et l'huile de cuisson.

"Nous pensions que cette route apporterait un soulagement, mais la fiscalité devient désormais insupportable", aurait déclaré un commerçant de Manono, avertissant que de nombreuses entreprises fonctionnent à perte.

Appels à l’intervention du gouvernement

Les acteurs économiques dénoncent également le nombre croissant de barrages où des paiements supplémentaires seraient exigés sans justification claire.

Les groupes de la société civile appellent les autorités nationales et provinciales à établir un système de péage transparent, à éliminer les pratiques abusives, à définir clairement les tarifs autorisés et à protéger les entreprises locales d'une pression financière excessive.

Ils préviennent que si la situation perdure, le projet routier pourrait ne pas parvenir à la transformation économique attendue par les communautés qui souffrent depuis longtemps de l'isolement.

Un corridor stratégique pour le développement du Tanganyika

La réhabilitation de la route Kalemie-Manono a débuté en octobre 2024 dans le cadre des efforts de désenclavement de la province du Tanganyika et d'amélioration de la connectivité régionale. L'itinéraire relie Kalemie au territoire de Manono et relie les principaux corridors de transport nationaux.

Les autorités provinciales ont décrit le projet comme stratégique pour le développement économique, la sécurité et la circulation des biens et des personnes à travers les territoires du Tanganyika.

La route s'inscrit également dans un cadre de coopération plus large entre la République démocratique du Congo et la Tanzanie visant à renforcer le corridor central et à élargir les échanges commerciaux entre les deux pays.

Mais pour les habitants de Manono, le débat actuel ne porte plus seulement sur la reconstruction des routes. Il s’agit de garantir que l’amélioration des infrastructures se traduise par un véritable soulagement économique plutôt que de devenir une nouvelle source de difficultés financières.

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