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Illustration - De nouvelles allégations de frappe de drone sapent les engagements de Montreux

Sécurité - 20 avril 2026

De nouvelles allégations de frappe de drone sapent les engagements de Montreux

Par Sarah Ndaya3 min de lecture

Kinshasa, le 20 avril 2026 - Quelques jours seulement après la conclusion du dernier cycle de pourparlers de paix à Montreux, en Suisse, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la rébellion AFC/M23 ont échangé de nouvelles accusations concernant des frappes présumées de drones dans l'est de la RDC, jetant un nouveau doute sur la fragile mise en œuvre des accords récents.

Les pourparlers, menés sous la médiation du Qatar et impliquant des observateurs des États-Unis, de la Suisse et de l’Union africaine, se sont soldés par des engagements visant à renforcer l’accès humanitaire, à libérer les détenus et à mettre en œuvre un mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu.

Cependant, les tensions ont rapidement refait surface au cours du week-end. L'armée congolaise a accusé l'AFC/M23, prétendument soutenu par l'armée rwandaise, d'avoir mené le 18 avril des frappes de drones ciblant les positions des FARDC à Mikenge et Kakenge, ainsi que des zones civiles dans les hauts plateaux de Mwenga et Fizi au Sud-Kivu.

Selon le porte-parole militaire, les attaques ont fait des victimes civiles, dont quatre morts et huit blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants.

L’AFC/M23, pour sa part, a rejeté les accusations et a allégué que les forces gouvernementales et leurs alliés avaient mené des frappes de drones et d’artillerie sur des zones peuplées du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, y compris les territoires de Minembwe et Masisi.

Les accusations mutuelles d’attaques aériennes mettent en évidence la fragilité persistante du processus de cessez-le-feu, malgré les récentes avancées diplomatiques. Les observateurs notent que l’utilisation de drones et les frappes à longue portée sont devenues un point central de discorde entre les deux parties.

En réponse aux tensions croissantes, la mission de maintien de la paix des Nations Unies (MONUSCO) a réitéré son appel à la fin de l'utilisation de drones offensifs et des interférences électroniques avec les systèmes de navigation, soulignant que de telles pratiques sapent les efforts visant à contrôler efficacement le cessez-le-feu.

Entre-temps, les négociations de Montreux ont débouché sur des engagements supplémentaires, notamment un accord visant à procéder à la libération des détenus dans un délai de dix jours, dans le cadre d'un mécanisme d'échange de prisonniers plus large précédemment convenu en septembre 2025. Bien que les chiffres exacts n'aient pas été officiellement publiés dans le communiqué final, les représentants de l'AFC/M23 ont indiqué que plus de 300 détenus liés au mouvement et plus de 160 prisonniers détenus par le gouvernement pourraient être concernés.

Les parties ont également signé un mémorandum d'accord pour rendre opérationnel un mécanisme de vérification conjoint élargi visant à contrôler le respect du cessez-le-feu et à enquêter sur les violations sur le terrain.

Malgré ces démarches diplomatiques, l’échange rapide d’accusations souligne la volatilité continue du conflit et les défis auxquels sont confrontés les efforts visant à traduire les accords en une stabilité durable dans l’est de la RDC.

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