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Illustration - La défense de Mutamba conteste la procédure du procès et soulève des préoccupations en matière de droits devant le tribunal

Justice - 14 juillet 2026

La défense de Mutamba conteste la procédure du procès et soulève des préoccupations en matière de droits devant le tribunal

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 14 juillet 2026 - Le procès de l'ancien ministre de la Justice Constant Mutamba s'est ouvert devant la Cour de cassation de Kinshasa, la défense ayant immédiatement contesté ce qu'elle a qualifié de plusieurs irrégularités de procédure et violations des droits de la défense.

La première audience, tenue lundi 13 juillet, concerne Constant Mutamba et Chancard Bolukola, ancien directeur coordonnateur par intérim du Fonds pour la réparation et l'indemnisation des victimes d'activités illégales en Ouganda (FRIVAO), actuellement détenu à la prison centrale de Makala et faisant l'objet d'une procédure distincte devant la cour d'appel de Kinshasa/Gombe.

Selon l'accusation, les deux prévenus sont considérés comme complices dans une affaire d'irrégularités présumées dans la gestion des fonds de la FRIVAO. Les accusations portent notamment sur plusieurs opérations financières, dont un paiement de 14,3 millions $ à Congo Energy lié à un marché public contesté.

Parmi les autres transactions citées par les procureurs figurent 4 millions de dollars alloués à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), 200 000 dollars transférés à l'Assemblée provinciale de la Tshopo, plus d'un million de dollars versés à Divo SARL pour la production documentaire et plus de 700 000 dollars destinés à Tropic Architecture.

A l'issue de l'audience, l'avocat Emiphe Munganga, représentant Constant Mutamba, a critiqué le déroulement de la procédure et accusé le processus judiciaire de ne pas avoir pleinement respecté les droits de la défense.

L'avocat a affirmé que plusieurs avocats avaient été initialement empêchés d'entrer dans le palais de justice, arguant que cette situation avait affecté la bonne préparation et la participation de l'équipe de défense dès le début de l'audience.

Il a également déclaré que la défense avait soulevé plusieurs objections préliminaires, notamment des préoccupations concernant le processus de notification, mais que ces arguments n'avaient pas été pris en considération par la Cour.

Selon Munganga, Constant Mutamba n’a jamais été formellement convoqué par le parquet avant que l’affaire ne parvienne à la Cour de cassation et n’a eu connaissance de la procédure que grâce aux informations publiques circulant sur les réseaux sociaux.

La défense a en outre contesté le processus d'enquête, arguant que l'ancien ministre n'avait pas été interrogé par les procureurs malgré les exigences légales selon lesquelles un accusé doit être entendu avant que la procédure n'avance.

Une autre objection soulevée concernait la participation d'une partie civile devant la Cour de cassation. La défense a fait valoir que les dispositions légales régissant la Haute Cour ne permettent pas une telle participation et que la question n'a pas été suffisamment abordée lors de l'audience.

Tout en refusant de commenter le fond des accusations, l'avocat a souligné que ses critiques portaient exclusivement sur des questions de procédure et sur la nécessité de garantir un processus judiciaire équitable.

La Cour a ajourné l'affaire pendant deux semaines. La défense s'est inquiétée du fait que ce délai ne permettrait pas une préparation suffisante, compte tenu du volume de documents impliqués dans la procédure.

Selon Munganga, les dossiers de la Cour de cassation et de la Cour d'appel contiennent des milliers de documents, pouvant dépasser 5 000 pages. La défense avait demandé un délai d'un mois pour étudier les dossiers mais a déclaré que sa demande avait été rejetée.

Malgré ces inquiétudes, la défense a indiqué qu'elle continuerait à participer à la procédure en attendant les développements futurs.

L'affaire actuelle fait suite à la condamnation de Constant Mutamba par la Cour de cassation en septembre 2025 dans une affaire distincte impliquant des fonds destinés à la construction d'un établissement pénitentiaire à Kisangani. Il a été condamné à trois ans de travaux forcés et à une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant cinq ans.

Lors de ce précédent procès, les procureurs avaient requis une peine plus lourde, comprenant dix ans de travaux forcés et des restrictions supplémentaires aux droits politiques. L'ancien ministre a continué de contester certains aspects du processus judiciaire entourant les poursuites engagées contre lui.

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