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Illustration - Mukwege met Tshisekedi en garde contre les « batteurs » et critique la purge des dissidents

Sécurité - 22 mars 2026

Mukwege met Tshisekedi en garde contre les « batteurs » et critique la purge des dissidents

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 23 mars 2026 - Le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, a appelé le président Félix Tshisekedi à résister aux pressions de ce qu'il a décrit comme les « batteurs » qui l'entourent, avertissant que ces conseillers poursuivent des intérêts personnels et pourraient trahir le président comme d'autres l'ont fait sous les régimes précédents.

Dans un communiqué publié lundi, Mukwege a exhorté le président à écouter sa conscience et la voix du peuple plutôt que les ambitions des loyalistes promouvant un troisième mandat, malgré les élections prévues pour 2028.

"Demain, ils seront les premiers à vous poignarder dans le dos, comme l'ont fait certains gros bonnets et personnalités du régime précédent", a prévenu Mukwege. "Écoutez plutôt votre conscience et la voix du peuple. Notre liberté en dépend."

Conséquences politiques de l’opposition au changement constitutionnel

Le prix Nobel a également critiqué la démission de deux hauts législateurs opposés au projet d'amendement constitutionnel : Vital Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale, et Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat. Tous deux ont démissionné après que des pétitions aient été déposées par des collègues alignés sur le parti au pouvoir et la coalition de l’Union sacrée.

"En osant vous opposer au projet d'amendement constitutionnel alors que notre pays est en guerre, vous avez eu le courage de dire la vérité, un signe de noblesse pour un représentant du peuple", a déclaré Mukwege dans une analyse publiée lundi. Il a déploré ce qu'il a appelé un renversement des principes démocratiques, dans lequel les députés et sénateurs dissidents sont sanctionnés par le Président pour avoir exercé un contrôle.

Mukwege a condamné « l’hypocrisie » de ses collègues qui partagent en privé le point de vue dissident mais s’alignent publiquement sur l’establishment.

Débat du troisième mandat et tensions politiques

Le paysage politique de la RDC est devenu de plus en plus polarisé sur les propositions visant à amender la Constitution du 18 février 2006 pour permettre un troisième mandat potentiel au président Tshisekedi. Des personnalités de l'opposition, dont Delly Sessanga, se sont engagées à mobiliser les citoyens et à organiser des manifestations de rue pour bloquer tout changement constitutionnel.

Pendant ce temps, les partisans de l’UDPS, le parti au pouvoir, insistent sur la nécessité de l’amendement, décrivant le mandat de Tshisekedi non seulement comme un mandat mais comme une « mission » à accomplir. Ce débat a intensifié les tensions politiques et attiré l’attention internationale, les dirigeants de la société civile mettant en garde contre les menaces qui pèsent sur la gouvernance démocratique et l’intégrité institutionnelle.

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