Illustration — Gold-crystals

Sécurité - 20 avril 2026

Le secteur minier sous surveillance alors que le gouvernement signale un lien avec

Par Sarah Ndaya3 min de lectureEnglish

Bunia, le 20 avril 2026 - Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, est arrivé à Bunia pour une visite officielle visant à évaluer le secteur minier dans un contexte d'inquiétudes croissantes quant à son rôle dans le financement des groupes armés et le maintien de l'insécurité dans l'est de la République démocratique du Congo. La visite, qui fait partie d'une tournée plus large couvrant les provinces de l'Ituri, du Bas-Uélé et du Maniema du 19 au 23 avril, se concentre sur le renforcement de la surveillance des activités minières artisanales et industrielles dans les zones riches en ressources, en particulier celles liées à la production d'or. Les autorités affirment que la mission vise à améliorer la gouvernance du secteur, à renforcer le contrôle de l’État sur les chaînes d’extraction et de commerce, et à s’attaquer aux réseaux miniers informels qui opèrent en grande partie en dehors des cadres réglementaires. Le gouvernement reconnaît cependant que l’exploitation minière reste étroitement liée à l’insécurité dans plusieurs territoires de l’Ituri. Dans des régions telles que Djugu et Mambasa, l’exploitation minière a été associée à plusieurs reprises au financement de groupes armés et à l’expansion de réseaux commerciaux illicites. S'exprimant lors de la visite, le ministre a souligné la nécessité de systèmes de traçabilité des minéraux plus solides et de réformes visant à mettre fin aux flux illégaux qui privent l'État de revenus tout en alimentant l'instabilité. Les observateurs locaux et les parties prenantes expriment depuis longtemps leurs inquiétudes concernant l’extraction non réglementée, avertissant que la concurrence pour le contrôle des sites miniers est devenue un moteur clé de la violence dans la région. En Ituri, les minerais sont de plus en plus considérés non seulement comme un atout économique, mais aussi comme une ressource stratégique qui façonne l’activité des groupes armés et leur contrôle territorial. Malgré les opérations militaires en cours, la faible réglementation de l’extraction et du commerce continue de soutenir une économie parallèle liée à la dynamique du conflit. La mission du ministre devrait alimenter des efforts de réforme plus larges, même si les analystes notent que l’impact durable dépendra d’une action coordonnée entre les forces de sécurité, les autorités minières et les institutions de gouvernance pour perturber les chaînes d’approvisionnement illicites et rétablir la surveillance de l’État.

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