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Illustration - Mali | JNIM attaque un convoi de camions-citernes et s'empare d'un poste de l'armée

Sécurité - 18 janvier 2026

Mali | JNIM attaque un convoi de camions-citernes et s'empare d'un poste de l'armée

Par Jean-Marc Okito4 min de lecture

Bamako, le 18 janvier 2026 - San, région de Ségou, le 16 janvier 2026 - Le groupe terroriste JNIM a lancé une attaque violente contre un convoi de l'armée malienne escortant des camions-citernes entre San et Bla, vendredi matin, le 16 janvier 2026. Selon des sources locales et des images diffusées par le groupe, plusieurs soldats maliens et gendarmes ont été tués, des véhicules militaires saisis, et des dizaines de camions-citernes incendiés après que l'escorte militaire a été neutralisée.

Région de Koulikoro, le 18 janvier 2026 - Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) affirme avoir pris le contrôle total d'un poste de l'armée malienne à Nossombougou dimanche matin, le 18 janvier 2026.

Conclusion

La situation au Mali est caractérisée par un fossé grandissant entre le discours officiel de l'État sur la "souveraineté retrouvée" et une réalité dégradante d'une paralysie économique et d'une insécurité généralisée. Alors que le gouvernement de transition célèbre des jalons diplomatiques et des revenus miniers records, la population civile fait face à une crise énergétique critique et à une violence croissante de multiples factions armées.

  1. Changement géopolitique et diplomatique

Le gouvernement a intensifié son "changement de paradigme" vers une souveraineté nationale absolue, se concentrant sur la défense des intérêts maliens et le choix stratégique de partenaires comme la Chine. Cette période a été marquée par :

Intégration régionale : Engagement fort envers la Confédération des États du Sahel (AES), avec le Mali remettant la présidence tournante au Burkina Faso.

Affirmation diplomatique : L'AES a émis une condamnation ferme des actions militaires américaines au Venezuela, signalant un mouvement vers une politique étrangère plus vocale et anti-interventionniste.

Relations guinéennes : Le président Goïta a assisté à l'inauguration de Mamadi Doumbouya, renforçant les alliances régionales avec les autorités de transition voisines.

  1. Crise économique et infrastructurelle

Malgré l'annonce de revenus miniers records dépassant 1 000 milliards de francs CFA, l'économie domestique lutte contre de graves défaillances logistiques.

Paralysie du carburant et de l'énergie : Bamako fait face à une "situation critique" avec des pénuries de carburant qui ont entraîné des annulations de vols pour Sky Mali et Air Burkina et forcé les résidents à attendre jusqu'à sept heures pour de l'essence.

Blocus d'approvisionnement : La "guerre économique" du JNIM a conduit à un blocus de cinq mois de Nioro du Sahel et à la destruction de convois de camions-citernes, faisant grimper le prix des produits de première nécessité et entraînant la fermeture d'entreprises comme des hôtels à Ségou.

  1. Conflit croissant et préoccupations en matière de droits de l'homme

Le paysage sécuritaire reste volatile, avec des combats actifs sur plusieurs fronts :

Activité insurgée : JNIM et l'EI continuent de s'affronter et de cibler les Forces armées maliennes (FAMa) et des mercenaires russes (Africa Corps) dans les régions de Ségou, Tombouctou et Sikasso.

Réponse militaire : Les FAMa ont augmenté leur utilisation de la surveillance aérienne et des frappes de drones, ciblant des bases terroristes et des installations de traitement de l'or à Kidal, Kayes et Mopti.

Impact sur les civils : Les rapports sur les droits de l'homme de la région de l'Azawad décrivent 2025 comme l'une des "années les plus sombres", citant 573 cas d'exécutions sommaires et de frappes aériennes. À Dogofry, une récente frappe aérienne sur un marché a fait 54 victimes civiles, la majorité étant des femmes et des enfants.

  1. Politique intérieure et contrôle social

Le gouvernement renforce le contrôle sur le récit national à travers à la fois la célébration et la censure :

Restrictions médiatiques : L'interdiction de Jeune Afrique pour "subversion" et "glorification du terrorisme" souligne une tolérance décroissante pour la critique externe.

Nationalisme : La 4e Journée nationale de la souveraineté retrouvée a été utilisée comme plateforme pour promouvoir l'éducation civique et le patriotisme parmi les jeunes.

Contrôle interne : L'audit de l'ancien président de l'OCLEI suggère une poussée vers des normes éthiques plus élevées, ou du moins une réorganisation de l'appareil anti-corruption.

Par Maïga Sidi Bonkana

(Boukari Zankey Sidi)

Jeff Buleli

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