Illustration — F lix Tshisekedi Denis Sassou-Nguesso

Politique - 8 juin 2026

Kinshasa ralentit alors que la protestation de l’opposition contre la « ville fantôme »

Par Amina Kabasele3 min de lectureEnglish

Kinshasa, le 3 juin 2026 - L'activité économique et sociale a considérablement ralenti dans plusieurs quartiers de Kinshasa mercredi matin suite à l'appel de l'opposition à une journée « ville fantôme » visant à protester contre les projets d'amendements constitutionnels et les prétendus projets de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi.

La capitale, habituellement animée, s'est réveillée avec des rues inhabituellement calmes, des transports publics réduits, des entreprises fermées et un déploiement de sécurité visible dans plusieurs communes. Les routes principales qui sont généralement encombrées pendant les heures de pointe du matin ont connu un trafic plus faible, tandis que les écoles, les marchés et les centres commerciaux fonctionnaient à capacité minimale.

Dans le quartier du Mont-Amba, les routes menant à l'Université de Kinshasa sont restées inhabituellement vides, avec peu d'étudiants visibles et des arrêts de transports publics largement déserts. Les forces de sécurité, notamment des policiers et des véhicules militaires, ont été déployées le long des routes principales et à proximité de lieux stratégiques.

À Limete, connue pour ses embouteillages chroniques, la circulation a été sensiblement réduite. Peu de véhicules circulaient le long du boulevard Lumumba et des routes environnantes, tandis que plusieurs habitants auraient gardé leur véhicule garé par crainte de troubles. Les patrouilles de sécurité se sont intensifiées dans des zones clés, notamment First Street et les principaux carrefours.

Le quartier de Tshangu, l’une des zones les plus densément peuplées de Kinshasa, a également connu une activité considérablement réduite. Les centres commerciaux sont restés en grande partie fermés, les transports publics étaient limités et les routes généralement très fréquentées ont vu une circulation plus légère. Les forces de sécurité, notamment la police et des membres de la Garde républicaine, ont maintenu une forte présence autour des bâtiments administratifs et des principales voies d'accès.

De petits groupes de militants politiques issus des cercles de l'opposition et du parti au pouvoir ont été observés dans certains quartiers, mais aucune mobilisation majeure n'a été immédiatement visible. Certains partisans de l'opposition ont tenté des manifestations symboliques, tandis que des jeunes affiliés au parti au pouvoir ont publiquement encouragé les habitants à poursuivre leurs activités quotidiennes.

Dans les principales artères, notamment le boulevard Lumumba, le rond-point de la Victoire et certaines parties de Kalamu, les autorités ont déployé des policiers et des militaires pour surveiller la situation et prévenir les troubles. Malgré le renforcement des conditions de sécurité, les déplacements sont restés globalement calmes tout au long de la matinée.

L'opposition avait appelé à manifester chez soi pour rejeter les réformes constitutionnelles proposées, qui, selon les critiques, pourraient ouvrir la voie à une extension du régime présidentiel. Les autorités ont toutefois maintenu que le mercredi restait un jour de travail normal, encourageant les citoyens à vaquer à leurs activités.

À lire aussi