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Illustration - Kinshasa accuse Kabila après des propos sur la « soudanisation » dans un contexte de tensions politiques croissantes

Sécurité - 4 avril 2026

Kinshasa accuse Kabila après des propos sur la « soudanisation » dans un contexte de tensions politiques croissantes

Par Amina Kabasele3 min de lecture

KINSHASA, le 26 mars 2026 - Les autorités de la République démocratique du Congo ont vivement réagi aux récentes déclarations de l'ancien président Joseph Kabila, les interprétant comme une responsabilisation implicite des activités des groupes armés opérant dans l'est du pays.

La controverse fait suite à une nouvelle intervention publique de Kabila après des consultations avec des acteurs socio-politiques du Nord et du Sud-Kivu et à une déclaration basée à Nairobi de l'initiative politique « Sauvons la République démocratique du Congo ». L'ancien chef de l'État a profité de l'occasion pour critiquer la gouvernance du président Félix Tshisekedi, marquant l'une de ses interventions politiques les plus directes de ces derniers mois.

Dans une récente interview accordée à un média belge, Kabila a rejeté le terme couramment utilisé de « balkanisation » pour décrire la crise sécuritaire dans l’est du Congo, faisant plutôt référence à un processus de « soudanisation ». Il a établi des parallèles avec la fragmentation historique du Soudan, qui a conduit à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011 après des années de guerre civile.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a condamné ces propos lors d'un point de presse à Kinshasa, les décrivant comme une « forme de revendication de responsabilité » liée aux actions de la rébellion AFC/M23 active dans l'est de la RDC, un groupe armé soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda.

Muyaya a en outre fait valoir que le moment et le cadre de la déclaration de Kabila étaient politiquement significatifs, suggérant qu’ils reflétaient un agenda sous-jacent. Il a également rejeté les critiques de l’ancien président à l’égard de la gouvernance actuelle, insistant sur le fait que l’administration actuelle a donné la priorité au développement des infrastructures et à la réforme institutionnelle, tout en accusant les dirigeants précédents de ne pas avoir réussi à relever les défis nationaux de longue date.

Ces remarques interviennent dans le contexte d’une mobilisation politique continue liée à un conclave tenu à Nairobi en octobre 2025, au cours duquel des alliés et des personnalités politiques proches de Kabila ont annoncé la formation du « Mouvement pour sauver la RDC ». La plateforme décrit sa mission comme étant de restaurer la gouvernance démocratique, de faire face à la crise systémique et de promouvoir la réconciliation nationale.

L’initiative accuse le gouvernement actuel de recul démocratique et d’abus institutionnels, et appelle à un dialogue national inclusif facilité par les institutions religieuses. Il rejette également les processus politiques unilatéraux menés par la présidence.

Le mouvement, également appelé dans plusieurs langues locales Tobikisa Ekolo, Tuokowe Taifa et Tupandishayi Ditunga, a indiqué son intention de coordonner les forces d'opposition et d'impliquer les parties prenantes régionales et internationales concernant la situation en République démocratique du Congo.

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