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Illustration - Joseph Kabila appelle à la chute du régime de Tshisekedi

Politique - 22 mars 2026

Joseph Kabila appelle à la chute du régime de Tshisekedi

Par Sarah Ndaya3 min de lecture

Goma, le 22 mars 2026 - L'ancien Président Joseph Kabila Kabange, qui a dirigé la République démocratique du Congo (RDC) de 2001 à 2019, a publiquement appelé au renversement du gouvernement du Président Félix Tshisekedi, le dénonçant comme agissant illégalement. Cette déclaration est intervenue lors d’un entretien le 20 mars avec le journaliste Hubert Leclercq du Libre, réalisé à la résidence de Kabila à Goma, dans la province du Nord-Kivu.

Kabila, présent dans l'est de la RDC depuis mai 2025, est accusé par les autorités de collaborer avec la coalition AFC/M23, qui contrôle Goma, et d'atteinte à la sécurité nationale. Il a été condamné à mort par contumace par le gouvernement de Kinshasa.

"Quand on m'a demandé pourquoi je suis à Goma, j'ai répondu que c'était chez moi. Je vous ai reçu dans une maison que j'ai achetée en 1999. Les attaques incessantes contre moi et ma famille politique ont commencé en 2019, avant la naissance de l'AFC/M23. Je crois que j'ai le droit de travailler et de communiquer avec tous les Congolais, dans le but d'unir la population et de parvenir à la paix", a déclaré Kabila au Libre.

Il a condamné la récente frappe de drone lancée par les forces gouvernementales de la RDC le 11 mars 2026, ciblant Goma, qui, selon lui, visait à l'éliminer ainsi que les hauts dirigeants de l'AFC/M23, dont Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Freddy Kaniki et le général de division Sultani Makenga. Kabila a en outre accusé les forces gouvernementales de continuer à tuer des civils dans les régions de l'Est telles que Masisi et la commune de Minembwe au Sud-Kivu, en utilisant souvent des drones.

Kabila a vivement critiqué le gouvernement de Tshisekedi, affirmant qu’il a ignoré à plusieurs reprises la loi et qu’il tente désormais d’amender la Constitution pour prolonger les mandats présidentiels. "Je l'ai dit en mai dernier, il faut arrêter cette dictature qui s'est installée. Pour y parvenir, nous devons unir nos forces, mobiliser tous les Congolais, qu'ils soient en exil ou à l'intérieur du pays", a-t-il déclaré.

Il a cité l’article 64 de la Constitution de la RDC, qu’il interprète comme donnant à chaque Congolais la responsabilité de punir les individus ou les groupes qui violent la loi, comme base juridique pour le renversement prévu du régime de Tshisekedi.

Les déclarations de Kabila risquent d’accroître encore les tensions dans un Est de la RDC déjà instable, où les divisions politiques et les conflits armés en cours continuent de déstabiliser les populations civiles.

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