Illustration — Lake Assal 3-Djibouti

Économie - 8 mai 2026

Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale

Par Jean-Marc Okito3 min de lectureEnglish

Washington, le 20 avril 2026 - Djibouti a mis en garde contre les conséquences profondes et « exceptionnelles » de la crise mondiale actuelle sur les économies africaines, lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent du 13 au 18 avril à Washington.

Représentant Djibouti, le gouverneur de la Banque centrale, Ahmed Osman Ali, a qualifié l’environnement mondial de « sans précédent », citant les tensions persistantes au Moyen-Orient et les perturbations du détroit d’Ormuz, un corridor maritime essentiel par lequel circule environ 20 % du pétrole mondial.

Il a noté que ces perturbations ont déclenché de fortes augmentations des prix de l’énergie, des coûts de transport maritime plus élevés et une instabilité généralisée de la chaîne d’approvisionnement, avec des implications directes sur le commerce international et les systèmes alimentaires.

Malgré ces pressions extérieures, Djibouti a fait état d’une résilience macroéconomique continue, avec une croissance estimée à 6,5 % en 2025 et projetée à environ 6 % en 2026, soutenue par une forte activité portuaire et des performances économiques tirées par les infrastructures. Les autorités ont également indiqué que l'inflation restait contenue et que le secteur bancaire restait stable.

Toutefois, les responsables ont averti que cette résilience reste fragile en raison de vulnérabilités structurelles, notamment la forte dépendance du pays à l’égard des importations alimentaires et énergétiques. La hausse des coûts du transport et de l’énergie affecte de plus en plus le pouvoir d’achat des entreprises et des ménages.

Djibouti a répondu par une série de mesures d'urgence, notamment le contrôle des prix, la gestion stratégique des stocks, la priorisation des importations essentielles et des interventions de soutien ciblées, en particulier dans le secteur de l'énergie. Un groupe de travail national a également été activé pour coordonner les réponses entre les acteurs publics et privés.

Lors de ses discussions avec le directeur général du FMI, le gouverneur de la Banque centrale a décrit la situation comme un « point de basculement », soulignant que l’intensité des chocs mondiaux actuels exerce une pression importante sur la stabilité budgétaire, notamment en raison de la hausse des coûts des importations de carburant et des politiques de stabilisation des prix qui ont accru la pression sur les finances publiques.

Il a également souligné la dimension sociale de la crise, notant que l'inflation alimentaire reste particulièrement sévère dans un pays où les ménages consacrent une grande partie de leurs revenus aux besoins de consommation de base.

À lire aussi