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Illustration - La "tragédie humaine" et la "désolation" des réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie

Sécurité - 24 janvier 2026

La "tragédie humaine" et la "désolation" des réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie

Par Jean-Marc Okito4 min de lecture

Kinshasa, le 24 janvier 2026 - Le Burundi et la Tanzanie, pays voisins de la République Démocratique du Congo (RDC), accueillent des centaines de milliers de réfugiés congolais fuyant les affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Ces hostilités ont conduit à la chute d'Uvira et d'autres localités, élargissant l'influence rebelle à travers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu dans l'est de la RDC.

En réponse, le gouvernement congolais, dirigé par la ministre d'État aux Affaires sociales et à l'Action humanitaire, Ève Bazaiba Masudi, a mené une mission humanitaire dans les deux pays pour soutenir les réfugiés, fournir une assistance, renforcer la coordination avec les gouvernements hôtes et évaluer les besoins aux côtés de partenaires internationaux.

À l'issue de la mission, la ministre a décrit la situation comme une "tragédie humaine" et une "désolation". S'exprimant lors d'une conférence de presse à Kinshasa le samedi 17 janvier, elle a déclaré :

"C'est une tragédie humaine dévastatrice. Nos compatriotes n'ont pas fui à cause de la pauvreté ou du changement climatique, mais à cause des hostilités et de l'agression menée par les proxies de l'AFC/M23."

Chiffres alarmants

Le Burundi accueille actuellement environ 250 000 réfugiés congolais, répartis sur sept sites.

Le plus grand site, Busuma, abrite 67 000 personnes, dont 30 000 enfants et 2 200 mineurs non accompagnés.

La Tanzanie accueille environ 87 000 réfugiés congolais, dont 50 000 enfants de moins de 18 ans.

Les arrivées récentes comprennent près de 10 000 personnes, et 28 naissances ont été enregistrées le jour de la visite de la délégation congolaise.

Crise humanitaire et manque de financements

La ministre a averti d'une grave pénurie de financements humanitaires internationaux, notant que de nombreux grands donateurs ont réduit ou retiré leur soutien, obligeant les pays hôtes à assumer un fardeau croissant.

Malgré ses propres défis, le gouvernement de la RDC est devenu le principal donateur soutenant ses réfugiés, une étape exceptionnelle en vertu du droit humanitaire international.

"Dans des circonstances normales, le pays d'origine n'intervient pas directement. Mais des circonstances exceptionnelles nécessitent des mesures exceptionnelles," a souligné Ève Bazaiba.

L'aide humanitaire fournie comprenait des denrées alimentaires et des articles non alimentaires, soutenue par un mémorandum d'accord spécial entre le gouvernement congolais, le HCR et le Burundi, permettant une intervention directe.

Appel à la solidarité nationale

Félicitant la résilience et le patriotisme des réfugiés, qui ont exprimé un fort désir de retourner chez eux une fois la paix rétablie, Ève Bazaiba a lancé un appel national à l'action :

"J'appelle à la solidarité nationale de tous les Congolais, au pays et à l'étranger, pour venir en aide à nos compatriotes en détresse. Soyons de véritables soldats de l'armée numérique et de la nation."

Elle a exhorté les citoyens à se mobiliser, notamment à travers des plateformes numériques, pour défendre la cause nationale et soutenir les populations vulnérables.

Contexte sécuritaire

Cette urgence humanitaire se déroule dans un contexte de gains territoriaux continus de l'AFC/M23, malgré son annonce controversée de retrait d'Uvira. Les autorités congolaises estiment que cette déclaration vise à réduire la pression internationale, notamment sur Kigali, tandis que les rebelles continuent de consolider leur contrôle et d'établir des administrations parallèles.

Autrefois un pôle de sécurité stratégique dans le Sud-Kivu, la chute d'Uvira a considérablement renforcé l'emprise de la rébellion sur l'est de la RDC et est perçue comme une porte d'entrée potentielle vers la région du Grand Katanga, le cœur économique du pays.

Le gouvernement congolais insiste sur le fait que seule une pression internationale soutenue, une solidarité nationale et une action humanitaire concrète peuvent prévenir de nouvelles souffrances et restaurer la dignité des populations déplacées.

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