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Illustration - La crise des Grands Lacs revient à l'agenda des ministres des Affaires étrangères de l'UE

Sécurité - 8 février 2026

La crise des Grands Lacs revient à l'agenda des ministres des Affaires étrangères de l'UE

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Bruxelles, le 27 janvier 2026 - La crise en cours dans la région des Grands Lacs est de nouveau au centre des préoccupations de l'Union européenne (UE), alors qu'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est prévue pour le jeudi 29 janvier 2026 à Bruxelles, avec la situation sécuritaire et humanitaire dans la région comme principal point à l'ordre du jour.

L'annonce intervient à l'occasion du premier anniversaire de l'occupation de Goma par la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda et fait suite à des interventions récentes des États-Unis et du Qatar pour médiatiser la crise entre Kinshasa et Kigali ainsi qu'entre le gouvernement congolais et l'AFC/M23.

Le Représentant spécial de l'UE pour la région des Grands Lacs, Johan Borgstam, a rencontré la Première ministre Judith Suminwa à Kinshasa le lundi 26 janvier 2026 pour discuter des priorités avant la réunion de Bruxelles. Borgstam a souligné l'engagement de l'UE envers la RDC et a insisté sur l'importance de comprendre les besoins humanitaires et sécuritaires sur le terrain.

"Cette visite permet à la Première ministre de transmettre des messages pertinents aux ministres européens le 29 janvier. Il s'agit de démontrer que l'UE est un partenaire solidaire, fiable et prévisible pour la RDC," a déclaré Borgstam.

L'UE est actuellement le plus grand partenaire humanitaire dans la région des Grands Lacs, finançant des programmes pour des agences telles que le HCR et le PAM, et soutenant des camps de réfugiés, y compris le camp de Busuma au Burundi, qui accueille 68 000 réfugiés congolais. Borgstam a mis en avant les récentes livraisons de 73 tonnes de fournitures humanitaires, reflétant le soutien concret de l'UE aux populations déplacées.

En plus de l'aide humanitaire, l'UE a joué un rôle significatif dans les sanctions contre des individus liés aux Forces de défense rwandaises (RDF) et à la rébellion M23, suite à l'occupation de Goma et de Bukavu. Parmi les personnes sanctionnées figurent :

Ruki Karusisi, commandant des forces spéciales de la RDF dans l'est de la RDC

Eugène Nkubito, commandant de la 3ème Division de la RDF déployée au Nord-Kivu

Le général de brigade Pascal Muhizi, commandant de la 2ème Division de la RDF

Bertrand Bisimwa, président de la M23

Désiré Rukomera, responsable du recrutement et de la propagande

John Imani Nzenze, colonel de la M23

Jean-Bosco Nzabonimpa Mupenzi, chef adjoint des finances de la M23

Jean Bahati Musanga, ancien responsable des finances et actuel gouverneur de l'administration de la rébellion à Goma

Borgstam a averti que, malgré des processus diplomatiques tels que le processus de Washington dirigé par les États-Unis et les pourparlers de Doha du Qatar, la situation sur le terrain reste tendue. La violence continue d'escalader, et les accusations mutuelles de non-respect des accords persistent entre la RDC, le Rwanda et l'AFC/M23.

La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE sera l'occasion de réévaluer la crise des Grands Lacs, de réaffirmer le soutien aux opérations humanitaires et de maintenir la pression internationale sur les parties impliquées pour respecter leurs engagements et rétablir la paix et la stabilité dans la région.

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