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Illustration - Le gouvernement reconnaît les retards dans les salaires des fonctionnaires

Économie - 8 mars 2026

Le gouvernement reconnaît les retards dans les salaires des fonctionnaires

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

KINSHASA, le 6 mars 2026 - Le gouvernement de la République démocratique du Congo a reconnu les retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires, invoquant des tensions sur les finances publiques, et s'est engagé à revenir à des paiements réguliers dans le mois.

Lors d'une réunion le 5 mars, le gouvernement, dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, et le Comité de situation économique (CCE) ont examiné les finances publiques, la dynamique monétaire, les prix du marché et les effets potentiels de la crise du Moyen-Orient sur l'économie congolaise. Le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a confirmé que les retards de salaires résultent de pressions sur le Trésor, aggravées par les dépenses sécuritaires et humanitaires liées au conflit en cours dans l'est de la RDC.

"Le retard est dû à la pression exercée sur la trésorerie", a expliqué Mukoko Samba. "Il y a quelques mois, le gouvernement soulignait déjà le poids croissant de la masse salariale. Nous prenons des mesures pour renforcer la collecte des recettes et mieux contrôler les dépenses afin de rétablir le paiement des salaires dans les délais."

Il a rassuré que les mesures visant à améliorer la gestion de la paie et la collecte des recettes publiques, alignées sur les directives du président Félix Tshisekedi, devraient normaliser les paiements d’ici le mois.

Ces retards récurrents ont attiré l'attention d'économistes, comme le député Gode Mpoy, qui a souligné que les fluctuations des taux de change contribuent aux déficits lorsque les masses salariales sont calculées en dollars américains mais converties en francs congolais. Le gouvernement rejette toutefois les allégations de problèmes de liquidité, affirmant que des ressources suffisantes sont disponibles.

Le Fonds monétaire international (FMI) a également signalé l’augmentation de la masse salariale du secteur public comme un risque budgétaire, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la justice, où les récents ajustements salariaux, recrutements et régularisations administratives ont mis à rude épreuve le budget.

Le président Tshisekedi avait précédemment ordonné un audit complet des salaires, dont les résultats sont attendus dans les 30 jours, visant à garantir la viabilité des finances publiques et le paiement régulier et fiable des salaires des fonctionnaires.

Cette décision intervient alors que la RDC est confrontée à une augmentation des dépenses liées aux opérations de sécurité, notamment en réponse à la rébellion AFC/M23 au Nord et au Sud-Kivu, mettant en évidence l’équilibre délicat entre la gestion budgétaire et la stabilité sociale.

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