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Justice - 16 avril 2026

La France ordonne le procès d’un officier rwandais pour son rôle présumé dans le

Par Amina Kabasele3 min de lectureEnglish

Paris, le 9 avril 2026 - La justice française a ordonné le procès du lieutenant-colonel rwandais Cyprien Kayumba pour son implication présumée dans le génocide contre les Tutsi, annulant une décision antérieure qui avait clos l'affaire.

La décision a été rendue par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris, qui a déterminé que Kayumba devait répondre des accusations de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Cette décision fait suite à un recours du Parquet national antiterroriste (PNAT) français, qui affirmait que des éléments de preuve essentiels avaient été négligés.

Kayumba, 71 ans, a été officier supérieur responsable des opérations financières, des achats à l’étranger et de la distribution d’armes au sein du ministère rwandais de la Défense avant et pendant le génocide de 1994. Les enquêteurs affirment qu’il a joué un rôle en facilitant l’acquisition d’armes et les chaînes d’approvisionnement liées aux forces impliquées dans les massacres.

Selon le dossier, Kayumba est soupçonné d'avoir participé à une réunion de haut niveau des ex-Forces armées rwandaises (Ex-FAR) le 9 avril 1994, présidée par Théoneste Bagosora, peu après l'assassinat du président Juvénal Habyarimana. Il est également accusé de s'être rendu à l'étranger plus tard dans le mois pour négocier des contrats d'armement, notamment avec des contacts en France.

Malgré un embargo sur les armes imposé par les Nations Unies en mai 1994, les procureurs affirment que Kayumba a continué à faciliter les transferts d'armes, qui ont ensuite été utilisées par des milices telles que les Interahamwe.

Kayumba vit en France depuis 1998. Une première plainte a été déposée en 2002 par des organisations de victimes, dont le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Il a été brièvement détenu en 2018 avant d'être libéré sous contrôle judiciaire.

Lors de son interrogatoire, Kayumba a reconnu son implication dans l'achat d'armes, mais a nié savoir que ces armes seraient utilisées dans le génocide, affirmant qu'il avait agi sous les ordres du ministère de la Défense. Les procureurs ont contesté la crédibilité de cette défense.

En janvier 2025, les juges d’instruction ont initialement jugé que les preuves étaient insuffisantes pour procéder à un procès. Cette décision a cependant été annulée le 8 avril 2026, suite à l’appel du parquet.

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