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Illustration - La France appelle à la réouverture de l'aéroport de Goma

Culture - 24 janvier 2026

La France appelle à la réouverture de l'aéroport de Goma

Par Sarah Ndaya3 min de lecture

Kinshasa, le 24 janvier 2026 - La France a soulevé la question de la réouverture de l'aéroport international de Goma et a confirmé que l'intégralité des 850 millions d'euros d'aide humanitaire d'urgence promis pour la région des Grands Lacs a déjà été entièrement débloquée.

La France a participé à une réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République Démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, qui s'est tenue le 17 janvier 2026 à Lomé, au Togo. La réunion a rassemblé des facilitateurs, y compris d'anciens chefs d'État, des dirigeants de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC) et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Elle a été convoquée à l'initiative de Faure Gnassingbé, médiateur de l'Union africaine pour la crise dans l'est de la RDC.

Au cours des discussions, la France a présenté un premier bilan sur la mise en œuvre des engagements financiers pris lors de la Conférence de Paris pour la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs, qui s'est tenue le 30 octobre 2025. Sur les 1,5 milliard d'euros promis par 70 États et organisations internationales, tous les financements humanitaires d'urgence, s'élevant à 850 millions d'euros, ont déjà été libérés.

La France a réitéré la gravité de la crise humanitaire dans l'est de la RDC, soulignant que les fonds sont destinés à répondre aux besoins urgents, à garantir des services essentiels et à renforcer la protection des civils, en particulier dans les zones touchées par la violence et les déplacements forcés. Elle a également encouragé les donateurs restants à accélérer leurs décaissements dans les semaines à venir.

Les autorités françaises ont par ailleurs souligné l'urgence de lever les obstacles humanitaires, rappelant les engagements pris à Paris concernant la réouverture humanitaire de l'aéroport de Goma. La France a exprimé sa volonté de contribuer, aux côtés de ses partenaires et en coordination avec les Nations Unies, aux efforts logistiques et de coordination nécessaires pour rouvrir l'aéroport aux vols humanitaires.

La Conférence de Paris visait à mobiliser un soutien international pour faire face à l'urgence humanitaire dans la région des Grands Lacs tout en soutenant les efforts de médiation menés par les États-Unis, le Qatar et l'Union africaine. En marge de l'événement, les discussions ont également porté sur l'intégration économique régionale, décrite comme un pilier clé pour une paix durable après des décennies d'instabilité.

À l'issue des réunions de Paris, deux annonces majeures ont été faites : la mobilisation de 1,5 milliard d'euros d'aide humanitaire pour la région et l'intention de rouvrir l'aéroport international de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Le président français Emmanuel Macron a décrit la réouverture de l'aéroport comme un signal concret et essentiel pour la population du Nord-Kivu, appelant à une mise en œuvre rapide avec le soutien des médiateurs internationaux.

Cependant, l'annonce a suscité une forte opposition de la part du mouvement rebelle AFC/M23. Le groupe a rejeté toute décision des autorités de Kinshasa visant à rouvrir l'aéroport, affirmant que l'infrastructure se trouve dans ce qu'il décrit comme un "territoire libéré". Le mouvement a accusé les autorités congolaises d'avoir pillé et saboté l'installation et a insisté sur le fait que seul l'AFC/M23 pouvait autoriser sa réouverture.

Dans la même déclaration, le groupe a maintenu que le différend entre Kinshasa et Kigali ne le concerne pas, affirmant que le gouvernement congolais porte seul la responsabilité de ses relations avec les États voisins et devrait résoudre ses différends sans impliquer le mouvement.

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