
Économie - 22 mars 2026
La CAE appelle l’UA à renforcer ses efforts de médiation dans l’est de la RDC
Arusha, le 9 mars 2026 - La Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) a exhorté l'Union africaine (UA) à mobiliser des ressources financières et logistiques adéquates pour soutenir les efforts de médiation en cours visant à résoudre l'escalade de la crise dans l'est de la République démocratique du Congo.
Cet appel fait suite au 25e Sommet des chefs d'État tenu le 7 mars à Arusha, au cours duquel les dirigeants de la région ont passé en revue la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire marquée par la montée des tensions entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que par la poursuite des affrontements impliquant la rébellion AFC/M23.
Dans son communiqué final, le Sommet a souligné l'urgence de renforcer le cadre de médiation dirigé par l'UA. "Le Sommet a exhorté l'Union africaine à fournir les ressources financières et logistiques nécessaires au processus de médiation mené par l'Union africaine dans l'est de la RDC afin de garantir un engagement rapide et durable en faveur de sa conclusion", indique le communiqué.
Le processus de médiation, aligné sur les voies diplomatiques parallèles à Washington et à Doha, est dirigé par Faure Essozimna Gnassingbé, qui est le médiateur désigné de l’UA pour la crise à l’est de la RDC. La structure actuelle découle d'une réunion de haut niveau convoquée en janvier 2026 à Lomé, visant à harmoniser les initiatives de paix.
Dans ce cadre, Gnassingbé s'appuie sur une équipe de médiation togolaise issue de la présidence et du ministère des affaires étrangères. Cinq co-facilitateurs, anciens chefs d'État africains, se sont vu confier des rôles thématiques clés : Olusegun Obasanjo supervise les questions militaires et de sécurité, Sahle-Work Zewde s'occupe des questions humanitaires, Uhuru Kenyatta dirige le dialogue avec les groupes armés, Mokgweetsi Masisi gère la coopération économique régionale et Catherine Samba-Panza est responsable de la société civile, de la réconciliation et des questions relatives aux femmes.
Un secrétariat conjoint réunissant l'UA, la CAE, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a également été créé pour coordonner les efforts, aux côtés de partenaires internationaux, notamment les Nations Unies, l'Union européenne et le Qatar.
Malgré l’intensification de l’engagement diplomatique, les progrès sur le terrain restent limités. La voie de Washington, soutenue par Donald Trump et appuyée par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ne s’est pas encore traduite par des améliorations tangibles en matière de sécurité. Les accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali concernant des violations présumées continuent de saper la confiance et la stabilité.
Pendant ce temps, les négociations de Doha - facilitées par le Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23 - ont considérablement ralenti. Des dispositions clés, notamment le mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et l'accord-cadre, restent non mises en œuvre, ce qui bloque les efforts visant à s'attaquer aux causes profondes du conflit, telles que l'autorité de l'État et la réintégration des groupes armés.
Cette impasse diplomatique a contribué à de nouveaux affrontements violents dans l’est de la RDC, compliquant encore davantage une situation humanitaire déjà fragile. Les appels à un dialogue national pour compléter les efforts de médiation internationale sont également restés sans réponse. Le président Tshisekedi maintient qu’une telle initiative doit être menée exclusivement par son cabinet, malgré la pression croissante des acteurs sociopolitiques et les récentes propositions des groupes religieux.
Alors que les efforts de médiation peinent à prendre de l’ampleur, les dirigeants régionaux préviennent que sans un soutien institutionnel plus fort et une mise en œuvre coordonnée, les perspectives d’une paix durable dans l’est de la RDC restent incertaines.
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