Africa Insight
Illustration - La RDC conteste une demande de 4 milliards de dollars de la société américaine PayServices

Justice - 24 janvier 2026

La RDC conteste une demande de 4 milliards de dollars de la société américaine PayServices

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Kinshasa, le 24 janvier 2026 - Kinshasa/Washington, le 14 janvier 2026 - La République Démocratique du Congo (RDC) conteste un procès intenté par la société américaine PayServices, qui réclame 4 milliards de dollars de dommages et intérêts devant un tribunal fédéral américain.

Selon la plainte, PayServices allègue avoir conclu un accord avec des entités publiques congolaises pour numériser les paiements de l'État, un projet que la société affirme avoir pu générer plus de 8 milliards de dollars par an. La société soutient que le projet n'a jamais été mis en œuvre.

La plainte indique que les premiers contacts ont eu lieu le 6 décembre 2023, à l'ambassade de la RDC à Washington, D.C., suivis d'un prétendu accord d'exclusivité en janvier 2024 avec la Caisse Générale d'Épargne du Congo (CADECO). Un paiement de 20 millions de dollars était apparemment attendu avant mars 2024, mais n'aurait jamais été libéré. PayServices affirme avoir tenté une médiation avant d'intenter une action en justice.

Le procès allègue également une violation de contrat, des tactiques de pression et une tentative de corruption, citant un prétendu pot-de-vin de 5 millions d'euros. Plusieurs hauts responsables sont nommés, y compris la Ministre du Portefeuille, Julie Mbamubi Shiku ; le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde ; le Chef de Cabinet du Président, Nkinzo Kamole ; le Gouverneur de la Banque Centrale, Andrew Mwema ; et le PDG de CADECO, Mukeba Muntuba.

La RDC nie toutes les allégations

Dans un communiqué de presse daté du 13 janvier 2026, le Ministère du Portefeuille congolais a réfuté les allégations, affirmant que PayServices n'a jamais eu de statut bancaire légal en vertu de la loi américaine. Le communiqué cite une décision formelle du Département des Finances de l'Idaho (18 octobre 2024), qui a révoqué toutes les accréditations conditionnelles et interdit à la société d'utiliser le terme "banque" en raison de non-conformité réglementaire.

Le ministère a souligné que des vérifications administratives en vertu de la Loi sur les Finances Publiques ont confirmé que PayServices n'était ni autorisé ni qualifié pour recevoir ou gérer des fonds publics. Par conséquent, aucun fonds n'a été transféré et aucune perte financière n'a eu lieu. Les autorités ont également noté qu'aucun état financier certifié ou audit indépendant n'a été produit pour étayer les allégations de la société.

Le Ministère des Affaires Étrangères a déclaré que l'investissement présumé de 72 millions de dollars et le supposé contrat entre PCES Akiba et CADECO sont infondés, manquant de toute base légale, budgétaire ou comptable. Le ministère a présenté les allégations de corruption et de coercition comme découlant du refus de Kinshasa de payer une société sans statut bancaire légal.

La RDC se réserve des droits légaux

Le communiqué a confirmé que la RDC coopère avec toutes les juridictions compétentes et se réserve le droit de poursuivre des recours juridiques. L'affaire se poursuit devant les tribunaux américains, où le litige concernant l'autorité bancaire de PayServices et les dommages allégués est en cours.

À lire aussi