Politique - 1 juillet 2026
Djibouti et le HCR appellent à un soutien international accru pour financer les réfugiés
ADDIS-ABEBA, le 1er juillet 2026 - Le gouvernement de Djibouti et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont intensifié leurs efforts pour obtenir un financement international pour l'aide aux réfugiés, en lançant une mission de plaidoyer de haut niveau à Addis-Abeba, dans un contexte d'aggravation de la crise mondiale du financement humanitaire.
La mission cherchait à impliquer les missions diplomatiques et les partenaires de développement accrédités à Djibouti mais basés dans la capitale éthiopienne, soulignant l'impact croissant de la baisse du financement humanitaire sur les programmes de protection et d'assistance aux réfugiés à Djibouti.
Conduite par le secrétaire général du ministère de l'Intérieur de Djibouti, Souleiman Moumin Robleh, la délégation comprenait la représentante du HCR à Djibouti Sandrine Dominique Desamours et le secrétaire exécutif adjoint de l'Office national d'assistance aux réfugiés et aux victimes de catastrophes (ONARS), Houssein Mohamed Chardi.
Au cours de la visite, la délégation a tenu des consultations avec les ambassadeurs représentant le Canada, la Finlande, la Suède, l'Espagne, la Suisse et l'Indonésie, présentant un aperçu de la situation humanitaire de Djibouti, des conséquences de la diminution de l'aide internationale et des besoins de financement les plus urgents du pays.
Les responsables ont également rencontré le commissaire aux affaires humanitaires de la Commission de l'Union africaine au siège de l'Union africaine pour discuter des défis liés aux déplacements régionaux et de la nécessité d'une coopération internationale plus forte.
La mission de plaidoyer s'appuie sur un appel de financement lancé en août 2025 pour mobiliser des ressources supplémentaires pour la protection des réfugiés, l'aide humanitaire, l'inclusion sociale et le soutien aux communautés d'accueil.
Les responsables djiboutiens ont souligné que le pays reste l'un des États les plus stables de la Corne de l'Afrique, malgré les conflits régionaux en cours et les urgences humanitaires. Djibouti accueille actuellement près de 35 000 réfugiés, soit environ 3,5 pour cent de sa population, tout en fournissant également une aide humanitaire à plus de 500 000 migrants vulnérables transitant par le pays chaque année.
La délégation a averti que le manque de financement affecte déjà les services essentiels aux réfugiés. Les activités essentielles de protection, notamment l'enregistrement des nouveaux demandeurs d'asile, le renouvellement des documents d'identité des réfugiés et la délivrance des documents de voyage, ont été considérablement perturbées, augmentant la vulnérabilité des populations déplacées et limitant leur accès aux services essentiels.
Les responsables ont averti que les contraintes financières persistantes pourraient compromettre des années de progrès réalisés en matière de protection et d’inclusion des réfugiés.
Les représentants diplomatiques ont salué l'engagement de longue date de Djibouti à accueillir des réfugiés et ont reconnu les efforts du pays pour intégrer les populations déplacées dans les systèmes nationaux d'éducation, de santé et du marché du travail. Ils ont également reconnu le rôle de Djibouti en tant qu'acteur régional clé dans la réponse aux déplacements forcés dans la Corne de l'Afrique.
À travers cette mission, Djibouti et le HCR ont renouvelé leur appel à une solidarité internationale plus forte, appelant à un soutien financier accru pour maintenir les services vitaux, protéger les droits des réfugiés et continuer à soutenir à la fois les populations déplacées et les communautés qui les accueillent.
Conclusion
La première quinzaine de juillet 2026 met en évidence la poursuite par Djibouti d’une stratégie globale de transformation nationale, combinant des réformes nationales ambitieuses et un engagement international plus fort. Au niveau national, le gouvernement a renforcé son agenda de développement à travers la mise en œuvre du Plan National de Développement 2025-2030 (PND-ADEEG) et le renforcement de son cadre institutionnel, notamment de nouvelles mesures visant à promouvoir la transparence et à lutter contre la corruption. Ces réformes, ainsi que les initiatives soutenant l’inclusion numérique, l’entrepreneuriat des jeunes, le développement des compétences et la résilience environnementale, reflètent une évolution plus large vers un modèle de gouvernance axé sur les résultats et axé sur une croissance durable et inclusive.
Sur le plan international, Djibouti continue de tirer parti de sa position géographique stratégique pour élargir ses partenariats économiques et renforcer son rôle de plaque tournante régionale pour le commerce, la logistique et la connectivité. Qu’il s’agisse de conclure d’importants cadres de coopération au développement avec des partenaires tels que la Banque islamique de développement et la Chine, de faire progresser la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de promouvoir des solutions d’énergies renouvelables à travers des projets tels que l’initiative Hydroforce, le pays convertit ses atouts stratégiques en opportunités de diversification économique et de développement à long terme. Dans le même temps, la contribution croissante de Djibouti aux efforts de médiation pour la paix en Afrique et son approche progressiste de l’intégration des réfugiés continuent de renforcer son image de partenaire fiable et de pilier de la stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Néanmoins, des défis importants demeurent. Les contraintes de financement affectant les programmes d’aide aux réfugiés, soulignées à la fois par les autorités nationales et les acteurs humanitaires internationaux, risquent d’exercer une pression supplémentaire sur les services essentiels et les capacités locales. La réalisation des objectifs de développement ambitieux de Djibouti, y compris l’objectif de taux de croissance économique annuel de 8,6 pour cent, dépendra de la mise en œuvre efficace des plans d’action ministériels, d’une meilleure coordination entre les institutions, d’une participation plus forte du secteur privé et du soutien soutenu des partenaires internationaux.
Alors que Djibouti entre dans la seconde moitié de 2026, la capacité du pays à transformer ses ambitions stratégiques en résultats mesurables sera le facteur décisif pour déterminer si sa dynamique actuelle se traduira par une résilience économique durable, une inclusion sociale et une influence régionale.
Par Jeff Buleli
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