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Illustration - Points de vue divergents sur la situation humanitaire dans l’est de la RDC

Sécurité - 23 février 2026

Points de vue divergents sur la situation humanitaire dans l’est de la RDC

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 21 février 2026 - RDC - La crise humanitaire dans l'est de la République démocratique du Congo est décrite dans des termes très contrastés par deux acteurs clés. Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la préparation, de la gestion et de l'égalité des crises, a qualifié la situation de « catastrophique » après sa tournée régionale, tandis que Corneille Nangaa, coordinateur politique de l'AFC/M23, a décrit les territoires sous son contrôle comme « la zone la plus sûre du pays ».

Bilan de Hadja Lahbib

Au cours de sa tournée en RDC, au Burundi et au Rwanda, la commissaire Lahbib a souligné les graves défis humanitaires :

Plus de 21 millions de personnes dans l’est de la RDC ont besoin d’une aide d’urgence.

Près de 28 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire.

La violence continue de provoquer des déplacements répétés, des violations des droits humains, des violences sexuelles liées aux conflits et des épidémies.

Les flux de réfugiés vers les pays voisins, en particulier le Burundi, mettent à rude épreuve les ressources limitées.

Lahbib a souligné la nécessité urgente d'améliorer l'accès humanitaire, d'ouvrir des couloirs sûrs et d'assurer la continuité des services de base.

Le point de vue de Corneille Nangaa

En revanche, Nangaa a affirmé que les zones contrôlées par l'AFC/M23 constituent les régions les plus sûres de l'est de la RDC. Il a cité :

Les territoires sous son contrôle s'étendent sur 62 000 km², abritant environ 20 millions de Congolais.

Il rejette les notions d'occupation étrangère, affirmant : "Nous ne sommes pas des Rwandais, nous sommes au Congo. Un territoire ne peut pas être occupé par ses propres citoyens".

Nangaa a promis que l'accès humanitaire serait garanti dans les zones contrôlées par le M23.

Il a indiqué que les situations catastrophiques sont concentrées à Minembwe, Uvira, Beni et Ituri, soulignant les attaques et massacres en cours en dehors de ses zones d'influence.

Faits saillants des données sur les conflits

Malgré les affirmations de Nangaa, les données disponibles montrent une violence continue dans la région :

Plateaux d’Uvira et de Fizi : les FARDC, appuyées par le FDNB burundais, ont lancé des offensives contre les positions du M23 ; La coalition Twirwaneho-M23-Red Tabara s'est engagée dans de multiples affrontements.

Nord-Kivu : 52 des 113 affrontements documentés en janvier ont eu lieu ici ; Rutshuru, Masisi et Walikale ont connu de violents combats.

Civils visés : les frappes de drones, les attaques à la grenade et les opérations de ratissage armé ont fait des dizaines de morts, notamment à Mpombi, Kirumba, Sange et d'autres villages.

Reprise d'Uvira : les opérations de janvier 2026 menées par les FARDC et Wazalendo ont fait au moins 151 morts parmi les civils.

Crise des réfugiés : des dizaines de milliers de Congolais ont fui vers le Burundi, exacerbant les besoins humanitaires.

Analyse

Ces récits contradictoires soulignent un conflit diffus, sans lignes de front clairement délimitées. Alors que la Commission européenne souligne une grave urgence humanitaire, l’AFC/M23 met l’accent sur une sécurité relative au sein de ses territoires. Toutefois, les rapports sur le terrain font état de violences continues, de victimes civiles et de déplacements, jetant le doute sur les allégations de stabilité.

La situation met en évidence la complexité de l’est de la RDC : un conflit à plusieurs niveaux impliquant les forces gouvernementales, des groupes armés locaux et des coalitions rebelles, et les civils sont touchés de manière disproportionnée.

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