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Illustration - Congo Airways fait face à des défis critiques ; Le président Tshisekedi exige une reprise réaliste

Économie - 22 mars 2026

Congo Airways fait face à des défis critiques ; Le président Tshisekedi exige une reprise réaliste

Par Amina Kabasele3 min de lecture

Kinshasa, le 22 mars 2026 - La compagnie aérienne nationale Congo Airways SA reste dans un état précaire, posant des risques juridiques, financiers et de réputation pour l'État en tant qu'actionnaire. Malgré les multiples efforts de redressement menés par le gouvernement, la compagnie aérienne continue de faire face à des inefficacités opérationnelles, suscitant des inquiétudes quant à la hausse des coûts du transport aérien en République démocratique du Congo.

Lors du 83e Conseil des ministres tenu le 20 mars au complexe de la Cité de l'Union africaine, le président Félix Tshisekedi a passé en revue les conclusions d'une enquête conjointe lancée en décembre 2025. La mission, composée de l'Inspection générale des finances (IGF), du Haut Conseil du portefeuille et de l'Autorité de l'aviation civile, a évalué la gestion administrative, financière et opérationnelle de l'entreprise.

Selon le rapport, Congo Airways continue de faire face à de graves problèmes opérationnels, malgré le plan de relance d’urgence initié en 2023 et renforcé en 2024. Le Président a souligné que, sans une planification rigoureuse et une gouvernance renforcée, ces problèmes pourraient compromettre le processus de renouvellement de la flotte de la compagnie aérienne et mettre en péril les intérêts stratégiques de l’État.

"La situation est d'autant plus préoccupante qu'en l'absence d'une bonne gouvernance, elle pourrait compromettre le renouvellement de la flotte aérienne récemment acquise par la Caisse nationale de sécurité sociale", note le procès-verbal de la réunion. Le président Tshisekedi a également appelé l’État à faire face à ses obligations financières, y compris les impôts impayés, afin de fournir à l’entreprise les ressources nécessaires au redressement.

Le Président a chargé le vice-Premier ministre, le ministre des Transports et des Communications, le ministre des Finances et le ministre des Entreprises d'État, sous la supervision du Premier ministre, d'élaborer un plan de redressement financier réaliste et rigoureusement structuré. Ce plan doit inclure les contrôles internes, la conformité réglementaire, les audits, la gestion des ressources humaines et le reporting systématique à l'État.

« Ces mesures doivent soutenir une profonde restructuration de la gouvernance managériale, restaurer la discipline de gestion, renforcer la responsabilité des dirigeants et améliorer la transparence », a souligné le président Tshisekedi. Il a également souligné la nécessité d’un modèle garantissant la viabilité financière, l’efficacité opérationnelle et la compétitivité à long terme, préservant les intérêts stratégiques de l’État.

Ce n’est pas la première tentative du gouvernement de relancer Congo Airways. En 2024, un plan d’affaires sur cinq ans a été proposé, comprenant l’acquisition de trois A320 et des mesures visant à maintenir le certificat de transporteur aérien (AOC) de la compagnie aérienne et l’accréditation IATA. Un moratoire accordé par l'Association du transport aérien international a empêché la perte de ces informations d'identification.

Le président a averti que la demande de voyages aériens intérieurs continue d'augmenter, tandis que l'offre reste insuffisante. La sous-utilisation des routes internationales a entraîné une perte de revenus pour le pays, malgré le portefeuille du Congo de plus de 52 droits de trafic aérien international, dont beaucoup bénéficient actuellement à des compagnies aériennes étrangères.

Face à ces défis, le gouvernement est désormais confronté à un moment charnière : élaborer un plan de relance réaliste qui rétablisse la viabilité opérationnelle de Congo Airways tout en protégeant les intérêts financiers et stratégiques de l’État.

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