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Illustration - Plainte déposée à la CPI contre un général congolais pour de prétendues propos anti-Tutsi

Justice - 8 mars 2026

Plainte déposée à la CPI contre un général congolais pour de prétendues propos anti-Tutsi

Par Jean-Marc Okito3 min de lecture

Kigali, le 8 mars 2026 - Un groupe d'organisations tutsi congolaises a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, accusant l'ancien porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Sylvain Ekenge, d'incitation et de discours de haine visant la communauté tutsie.

La plainte a été déposée le 17 février 2026 par l'avocat belge Bernard Maingain, qui représente plusieurs familles et organisations tutsi congolaises. Selon le dossier, les déclarations faites par le général-major Ekenge pourraient alimenter la discrimination et la violence contre la minorité tutsie en République démocratique du Congo.

Cette action en justice fait suite à des propos qui auraient été tenus par Ekenge en décembre 2025 lors d'une apparition à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Au cours de l'émission, il aurait découragé les femmes tutsi congolaises d'avoir des enfants avec des personnes appartenant à d'autres groupes ethniques et aurait averti les hommes d'être prudents lorsqu'ils les mariaient.

Ces remarques ont suscité de vives critiques de la part des groupes de défense des droits humains et des membres de la communauté tutsie, conduisant à la suspension temporaire d’Ekenge de son rôle de porte-parole militaire.

L'avocat Maingain a soutenu dans la plainte que ces déclarations faisaient partie d'un schéma plus large de rhétorique ciblant le groupe ethnique Tutsi en RDC. Il a également affirmé que certaines personnes qui promeuvent une telle rhétorique ont reçu le soutien politique de personnalités au sein du gouvernement, notamment du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Selon Maingain, la situation crée un paradoxe juridique, dans lequel la loi congolaise criminalise le discours de haine, alors que les autorités n'auraient pas réussi à appliquer ces dispositions de manière cohérente.

L’avocat a en outre rappelé que des familles congolaises avaient déjà déposé une plainte similaire en 2020, mettant en garde contre la propagation d’un discours anti-Tutsi. Il a déclaré que cette affaire n'avait jamais fait l'objet d'une enquête approfondie, malgré les preuves soumises aux autorités nationales.

Dans sa lettre au procureur de la CPI, Maingain a exhorté la Cour à examiner les preuves et à déterminer si les déclarations constituent des crimes au regard du droit international, y compris l'incitation à la persécution ou à la violence contre un groupe ethnique.

Selon les procédures de la CPI, une fois qu’une plainte est reçue, le Bureau du Procureur examine les allégations et les preuves à l’appui. Si les informations sont considérées comme crédibles et relèvent de la compétence du tribunal, les procureurs peuvent ouvrir un examen préliminaire et éventuellement monter un dossier en vue d’une procédure judiciaire formelle.

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