
Sécurité - 29 novembre 2025
Burkina Faso - Tapoa au Bord de l'Effondrement Sécuritaire
Ouagadougou, le 30 novembre 2025 - La situation sécuritaire dans la province de Tapoa a atteint un point de rupture alarmant, avec des sources locales rapportant que plus de 95 % du territoire est désormais sous le contrôle de groupes armés. L'armée burkinabè maintient seulement une présence minimale dans trois localités - dont Diapaga - Et même là, son emprise est décrite comme extrêmement fragile.
La ville de Diapaga a été attaquée à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le détachement militaire a été submergé, des civils et des agents de sécurité ont été tués, et des magasins et entrepôts ont été pillés. Des vidéos filmées et diffusées par les assaillants eux-mêmes illustrent l'ampleur de l'érosion de l'État dans la région. À Kantchari et Partiaga, la situation est tout aussi désastreuse : bien que des postes militaires demeurent, les soldats éviteraient de s'aventurer à plus d'un kilomètre de leurs bases en raison de la menace constante d'embuscades.
Les patrouilles ont été réduites à des mouvements prudents dans les centres-villes, sans réelle capacité de déploiement plus large. Pendant ce temps, les groupes armés imposent - sans résistance - une forme de prélèvement obligatoire, décrite par les habitants comme une “zakat” de 50 000 FCFA par habitant dans toute la province. Cette pratique souligne l'étendue de leur contrôle administratif et coercitif.
La situation humanitaire se détériore tout aussi rapidement. Seuls les centres de santé primaire (CSPS) à Diapaga et Kantchari restent fonctionnels, et même ceux-ci opèrent avec des ressources sévèrement limitées. Tous les autres établissements de santé à Tapoa sont fermés. Les taux de mortalité augmentent, en particulier parmi les femmes enceintes et les enfants, en raison de l'effondrement des services médicaux essentiels.
Le portrait qui émerge de Tapoa est celui d'une province isolée, épuisée, au bord de l'effondrement total. Une intervention massive et coordonnée est urgemment nécessaire pour prévenir l'effondrement complet de la sécurité et de l'humanitaire dans la région.
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