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Illustration - L’AFC/M23 n’a pas d’alliance formelle avec le CRP/FRP de Thomas Lubanga, selon un rapport de l’ONU

Sécurité - 11 juillet 2026

L’AFC/M23 n’a pas d’alliance formelle avec le CRP/FRP de Thomas Lubanga, selon un rapport de l’ONU

Par Amina Kabasele2 min de lecture

Kinshasa, le 11 juillet 2026 - Le mouvement politico-militaire dirigé par l'ancien chef de guerre congolais Thomas Lubanga, la Convention pour la révolution populaire/Forces pour la révolution populaire (CRP/FRP), n'a établi aucune coopération officielle avec la rébellion AFC/M23, malgré l'expression publique de son soutien au mouvement, selon de récentes évaluations de la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo.

Le CRP/FRP, créé le 10 janvier 2025, continue de promouvoir un agenda politique centré sur l'autonomie régionale tout en maintenant une position antigouvernementale, selon la dernière analyse des groupes armés opérant dans l'est de la RDC.

Thomas Lubanga a annoncé publiquement son soutien à l'AFC/M23 le 16 juillet 2025, dans le cadre d'un effort visant à aligner son mouvement sur des dynamiques régionales plus larges et à éviter l'isolement politique. Cependant, aucun partenariat formel entre les deux groupes n’a été signalé jusqu’à présent.

La direction du CRP/FRP comprend d'anciens militaires, des acteurs politiques et des personnalités locales de la province de l'Ituri, dont plusieurs membres ont vécu en exil en Ouganda. Le mouvement serait dirigé militairement par Lobho Gokpa Justin, un ancien colonel des FARDC.

Le groupe a connu des difficultés internes, notamment des défections de dirigeants qui ont affaibli sa cohésion. Malgré ces défis, ses rangs seraient passés d’environ 300 combattants en novembre 2025 à près de 1 000 membres à la mi-2026.

Le mouvement a recruté des combattants issus de différentes communautés, notamment des membres de la communauté Hema et d'anciens membres du groupe armé zaïrois. Les efforts de recrutement ont également ciblé les camps de personnes déplacées en Ituri et les camps de réfugiés en Ouganda.

Depuis janvier 2026, Innocent Kaina, un ancien membre du M23 sanctionné, aurait collaboré avec le CRP/FRP en aidant à recruter des individus issus des communautés de réfugiés en Ouganda, notamment d'anciens combattants du M23.

Malgré ces efforts, le mouvement a eu du mal à obtenir un large soutien parmi les autres groupes armés et les communautés locales en Ituri. Les tentatives des dirigeants du CRP/FRP pour mobiliser de jeunes combattants Lendu auraient produit des résultats limités.

L’émergence du CRP/FRP intervient dans un contexte d’instabilité persistante en Ituri, une province touchée depuis des années par la violence armée, les déplacements et les tensions intercommunautaires. Le mouvement se présente comme une force d’opposition à ce qu’il décrit comme des échecs de la gouvernance étatique et l’insécurité qui touche les populations locales.

Thomas Lubanga, ancien dirigeant de l'Union des patriotes congolais (UPC), a été reconnu coupable par la Cour pénale internationale (CPI) en 2012 pour crime de guerre consistant à recruter et à utiliser des enfants de moins de 15 ans dans un conflit armé. Il a été condamné à 14 ans de prison et libéré en 2020 après avoir purgé sa peine.

Après sa libération, Lubanga a participé aux initiatives de paix soutenues par le gouvernement en Ituri et visant à encourager les communautés à rejeter les groupes armés. Cependant, ces efforts n’ont pas produit les résultats escomptés, et ses activités politiques ultérieures sont restées controversées.

L’évolution actuelle du CRP/FRP ajoute un autre niveau de complexité au paysage sécuritaire déjà fragmenté dans l’est de la RDC, où de nombreux mouvements armés continuent de se disputer l’influence, le territoire et la légitimité politique.

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