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Illustration - L’AFC/M23 qualifie les mouvements de troupes de « rotation stratégique », Kinshasa remet en question les intentions

Sécurité - 4 avril 2026

L’AFC/M23 qualifie les mouvements de troupes de « rotation stratégique », Kinshasa remet en question les intentions

Par Sarah Ndaya3 min de lecture

Goma, le 29 mars 2026 - Le mouvement AFC/M23 affirme que les récents retraits observés depuis plusieurs positions de première ligne dans l'est de la République démocratique du Congo font partie de ce qu'il décrit comme une « rotation stratégique normale », dans un contexte d'incertitude persistante sur la situation sécuritaire au Nord et au Sud-Kivu.

Dans un communiqué publié samedi 28 mars, le porte-parole Lawrence Kanyuka a déclaré que les mouvements de troupes enregistrés dans plusieurs zones constituaient des redéploiements de routine au sein de la structure du groupe.

Il a décrit cette activité comme faisant partie d'une « rotation normale et stratégique des unités de l'Armée révolutionnaire congolaise (ARC) », ajoutant que le mouvement reste attaché à ce qu'il appelle des mesures de confiance dans le cadre de paix en cours.

L'AFC/M23 a également réaffirmé son engagement déclaré en faveur de la protection des civils et a déclaré qu'elle restait prête à répondre aux menaces sur le terrain.

Cette explication intervient dans un contexte d’attention accrue portée aux récents changements de présence territoriale signalés dans certaines parties de Walikale, Rutshuru et Lubero, où des sources locales ont noté des retraits ou des repositionnements d’éléments armés ces derniers jours.

Cependant, le gouvernement de la République démocratique du Congo a exprimé son scepticisme quant aux affirmations du groupe.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a déclaré que Kinshasa surveillait de près la situation mais restait concentrée sur ce qu'elle considère comme le problème central : la présence de forces armées étrangères sur le territoire congolais.

Il a déclaré que le gouvernement s’attend à un « retrait définitif » plutôt qu’à ce qu’il considère comme des mouvements tactiques ou temporaires, ajoutant que des redéploiements similaires ont été observés dans le passé sans conduire à une désescalade durable.

Les échanges ont lieu dans le contexte du processus de paix de Doha, au point mort, qui visait à faire progresser la mise en œuvre d'un accord-cadre plus large signé fin 2025.

Bien que des progrès initiaux aient été enregistrés dans le cadre de l’accord, y compris des signatures précoces de protocoles, les négociations ont depuis ralenti, sans qu’aucun nouveau cycle substantiel n’ait été signalé ces dernières semaines.

Des sources diplomatiques ont évoqué à la fois des tensions régionales et des contraintes logistiques affectant les efforts de médiation, tandis que les responsables de Kinshasa maintiennent qu'ils restent attachés au processus mais souhaitent des garanties plus claires sur sa mise en œuvre.

Malgré le volet diplomatique, les combats et l'insécurité locale se poursuivent dans plusieurs régions de l'est de la RDC, les habitants signalant fréquemment des changements de lignes de front, des retraits temporaires et de nouveaux affrontements entre des éléments de l'AFC/M23, des combattants de Wazalendo et d'autres groupes armés.

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